Un an

jeudi 24 mai 2007 par Arimi Choubadé

Le changement est jeune d’un an. Parti pour 5 ans, le processus a certainement une marge de progression évidente. 3.000 milliards annoncés devaient nous tomber dessus comme une manne divine. La bondieuserie ambiante puise d’ailleurs toute son essence dans cette espérance dont les populations sont nourries quotidiennement. La campagne électorale n’arrête plus depuis plus d’un an. Le candidat docteur ne finit pas de tourner malgré l’obtention de la grande croix de l’ordre national du Bénin – distinction réservée aux présidents de la République.
Un décès, le coton, les micro crédits, le délestage, une querelle de patriarches, la campagne électorale. Le pouvoir est à l’affût de tout. Pourvu qu’il y ait foule, des harangueurs et des applaudisseurs. Le présidentialisme négro-africain grandeur nature. Faire que le peuple puisse aimer Dieu et son envoyé sur terre, le président. C’est Dieu qui donne le pouvoir ; et le diable donne l’opposition. Si le chef ne sort pas, il ne peut mesurer l’immensité de l’amour que lui portent ses concitoyens très sensibles à ses efforts de sacrifice – au prix de son sang – afin de vaincre la misère du pays.
Trêve d’angélisme. La rigueur intellectuelle admet qu’un bilan à l’étape actuelle serait imparfait à la limite du tendancieux. Succéder à Kérékou n’a jamais été une partie de plaisir. Soglo en sait long sur les facultés de dégradation du tissu économique dont le général caméléon détient le secret. C’est d’ailleurs pour cela qu’il fut le seul pendant 10 ans à mettre les Béninois en garde, en vain, contre le désastre. En un (01) an Yayi Boni appréhende par lui-même l’étendue des ravages opérés sur l’économie nationale.
Sur le plan politique par contre, le régime semble pris dans une paresse coupable. Les gens attendent de voir des signes de renforcement des acquis de la démocratie comme mentionné en gros caractères dans le programme du candidat devenu président. À la même époque, Kérékou avait déjà offert des sédatifs significatifs à ses détracteurs : le financement des médias privés et des organisations syndicales. Des mesures qui ont favorisé la décrispation de l’atmosphère électrique qui a prévalu au départ du premier chef de l’Etat de l’ère du renouveau démocratique.
L’ère du changement ne rengaine pas. Quelques zélateurs se contentent d’inciter tout le monde à aller dans l’opposition. Aucun d’entre eux ne se soucie de souffler à leur champion de prendre les décrets d’application de la loi portant statut de l’opposition par exemple. Des actes de haute portée sans grand frais. La consolidation du processus démocratique cesse ainsi de n’être qu’un slogan creux. Une opportunité qui aurait pu éclaircir davantage le paysage politique du pays. Ce qui éviterait à l’argent de demeurer la seule référence aux yeux des électeurs.
L’impact d’une Fcbe dépensière, arrogante et insolente n’envie rien à celui provoqué par un Ubf avec un Kékéréké au sommet de son art 2002-2003. Cette fois-ci, le Bénin est parti pour 5 ans de propagande électoraliste. D’un côté les pourris et de l’autre les saints de St Thomas. La soldatesque aux trousses du Prd depuis quelques jours contribue à entretenir cette partition qui ne manquera pas de produire ses effets d’ici-là.
Tout cela en 1 an.

Par Arimi Choubadé
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