Tolérance zéro pour Obansanjo

jeudi 24 mai 2007 par Arimi Choubadé

Rédigé le 22 avril 2007

Le big boss de Abuja est le premier surpris du volet de bois vert à lui asséner de toute part. son appel à la clémence et à la compréhension de la communauté internationale n’y a rien changé. Pourtant, pour pire que cela, certains de ses collègues du syndicat des fraudeurs électoraux s’en sont sortis, avec les honneurs. Exceptée la violence électorale, le scrutin du 31 mars au Bénin souffrent des mêmes manquements que ce qui s’est passé au Nigeria. La Cour constitutionnelle a recensé une dizaine de charges contre les opérations qu’elle a par ailleurs validé sans autre forme de procès.
Le Togo a fait plus fort en matière de violence en envoyant près de 400 de ses fils à la mort le jour de la dernière présidentielle et des milliers d’autres sur la route de l’exile. Son scrutin a été validé à l’intérieur comme à l’extérieur. Le régime du Guinéen Lansana Conté s’apprêtait à se faire arroser de subventions européennes avant que n’éclate la révolte populaire qui l’a contraint à lâcher du lest. Omar Bongo, Blaise Compaoré, Idriss Déby, Dénis Sassou N’Guesso, François Bozizé gagneront toutes les élections qu’ils organiseront avec la bénédiction Elyséenne. La françafrique veille. Autre prouesse francophone de référence, les élections maraboutiques réussies par Wade à la surprise générale au Sénégal il y a quelques semaines.
Le colon du pays d’Obasanjo est anglais. Abatcha l’a appris à ses dépends avec l’exclusion du Nigéria du Commonwealth au plus fort de la répression des opposants marquée par la pendaison de Ken Saro Wiwa. Robert Mugabé – tout héro de l’indépendance de son pays qu’il revendique – a été réduit en paria. Pendant ce temps, ses homologues dictateurs d’expression française se plaisent à régenter la francophonie par le chantage. Les menaces de retrait du Congo démocratique de Kabila père et du Rwanda de Kagamé sont révélatrices de l’ambiance de combine et de sulfure qui règne dans ce cercle.
Paul Biya du Cameroun a souffert de cette tolérance zéro très anglo-saxon qui lui a valu des rebuffades de la part de l’administration américaine surtout qui n’a pas du tout apprécié le hold-up électoral au détriment de l’opposant John Fru Ndi. Le régime de Yaoundé a pu bénéficier de l’hybridité linguistique de son pays en s’appuyant sur la complaisance du grand ami Chirac. Gbagbo de son côté doit la chandelle à son opportunisme légendaire. Nul doute que le général Guéi sera encore aux commandes, certainement dans les bonnes grâces de Paris sans un soulèvement populaire.
Revenons au cas d’Obasanjo qui n’a même pas pu bénéficier du cirque des observateurs de la Cedeao, les célèbres validateurs de fraudes. Les élections au Nigeria sont trop sérieuses pour être confiées à des rentiers beaucoup plus enclins vers les jetons de mission et la possibilité de se faire copieusement arrosés par les candidats aux crimes électoraux. Il faut plus que des rapports laudatifs de petits fonctionnaires communautaires d’Abuja pour créditer les ratés de la présidentielle nigériane. Les intérêts en présence risquent de plonger ce géant sous régional dans une crise durable.
La nouvelle légitimité qui sera consacrée par le vote du 21 mars part forcément avec un gros handicap : la suspicion de fraude. Cela vaut indignité chez les anglo-saxons. Contrairement à nous autres.

Par Arimi Choubadé
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