De l’unanimité à l’incertitude

jeudi 24 mai 2007 par Arimi Choubadé

De 83 dévoués incapables de hausser le ton, ils en sont arrivés à un peu plus d’une vingtaine de mal élus. De l’unanimité à la collectivité hétéroclite. Cauris et alliés ont été repoussés dans leurs derniers retranchements. Quelques mal élus glanés ça et là. Le raz-de-marée annoncé n’a pas eu lieu. On est loin des 35% du candidat Yayi Boni au premier tour de la présidentielle de 2006. Beaucoup de ressuscités enterrés trop prématurément. Cotonou, Djakotomé, Porto-novo, Parakou, Malanville ont fait plus que de résister.
N’eut été le discours mi-opposition mi-majorité de l’Add la débâcle aurait été plus significative. Entre les diatribes de Rosine et l’équilibrisme de Léhady les électeurs ont perdu leur latin. Le refus de renier l’appartenance à la majorité présidentielle a considérablement réduit le champ d’action. Les gens ont préféré l’originale à la copie. Seul le Prd a su capitaliser au maximum le vote contestataire. L’allégorie du gouvernement et du ventilateur a produit des effets non négligeables.
La question se pose de savoir si certains caciques de l’Add comme la Rb vont continuer à jouer les rôles du conjoint indésirable au risque de s’aliéner d’avantage l’électorat traditionnel. Les houézèhouè ont été victimes plus que les autres des purges survenues au palais de la marina. Leur absence du gouvernement traduit cet désamour évident qu’une inspiration de l’autruche empêche de voir de face. Il faut souligner au passage que le fait de sortir la tête de l’eau à Cotonou entièrement noyé par les cauris en 2006 peut être considéré comme un exploit pour la Rb.
Revenons à notre champion du changement qui a réclamé à cor et à cri une majorité confortable à l’Assemblée nationale. Les résultats lui imposent une cohabitation à haut risque. En effet, la liste Force cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) est tout sauf une entité compacte mobilisée autour d’une vision commune. Les tendances varient d’une circonscription électorale à une autre. Jusque là on a pas fini d’inventorier les dommages collatéraux causés par le désir du grand manitou de voir tous ses ouailles figurées sur une même liste.
Les observateurs cherchent et recherchent à la loupe les potentiels alliés du docteur-président en dehors de son panier à incertitude, la Fcbe. Exercice périlleux pour quelqu’un qui s’est juré la perte de la classe politique traditionnelle et qui se retrouve en face de cette même classe politique plus en forme que jamais. Certains ne sont pas prêts d’oublier la hargne avec laquelle le pouvoir s’est attelé à détruire leurs partis au motif que se sont des refuges pour la mafia locale et les criminels économiques. Le moment est venu de se regarder en yeux dans les yeux.
Les puristes ne manqueront pas surveiller les faits et gestes du locataire de la marina pour les jours à venir. Lui qui croit dur comme fer qu’il ne peut gouverner sans une majorité confortable. Quelques courtisans ont parlé de troisième tour de la présidentielle juste dans l’optique de surfer sur la vague de 2006. Sous d’autres cieux le gouvernement aurait tiré toutes les conséquences qui découlent de ce désaveu populaire. Si tant est que la gestion du pouvoir est impossible avec un parlement dominé pas des inféodés.
L’unanimité de circonstance est tronquée contre la portion congrue.

Par Arimi Choubadé
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