Le jackpot pour Cotonou

jeudi 31 mai 2007 par Arimi Choubadé

Qui aime Cotonou ? Question pour politiciens en cette période de pré campagnes municipales. Le docteur-président n’a pas attendu bien longtemps avant de déclamer sa flamme pour la ville-département. Faire de Cotonou une ville phare dans la sous région. Rien que cela. Ce qui nécessite que les procédures légales soient bousculées à travers le lancement précoce de grands travaux avant même que l’accord de prêt du financement ne soit ratifié par le parlement. On peut ajouter le saucissonnage des inaugurations sur le même projet, qui permet au chef de l’Etat d’investir le terrain plus fréquemment.

Voilà que l’un des tout premiers soupirants, le premier adjoint au maire, se rappelle aux bons souvenirs des Cotonois, à l’occasion de sa démission du parlement au profit de son poste à l’hôtel de ville. Un retentissant « je me sens plus utile qu’ailleurs » qui relance totalement les débats. Il n’y aura donc ni capitulation annoncée face à la vague Cauris ni aplatissement ni défaitisme. Tout bénéfice pour la ville. Cela suppose à son profit plus de détermination, plus d’attention, plus de sollicitude, plus de projets, de la part de chaque prétendant.

En théorie, maintenant que tous revendiquent un béguin évident pour dame Cotonou, les choses devraient être plus simples. Transfert des compétences et des ressources (dont Dantokpa) au conseil municipal, autorisation de la police municipale, accélération des procédures dans la prise des décrets d’application sur les lois relatives à la décentralisation, introduction de projets de loi modifiant certains aspects des anciennes lois. Si le « tout pour cauris » n’avait pris autant de place dans la gouvernance publique actuelle au Bénin.

Place donc au chevauchement des ambitions pour ne pas parler de cacophonie. A l’aide de son impressionnant carnet d’adresses, Soglo continuera à faire déverser des camions-tasseuses pour le ramassage d’ordures ménagères. Ce qui signifie moins d’immondices sur les artères et plus de propreté dans la ville. Les marchés de proximité continueront à faire peau neuve comme celui de Vêdoko. Houénoussou est déjà sur la liste d’attente en plus d’un centre de santé. La déclaration de Léhady sonne comme un défi à soi.

Yayi Boni, de son côté, dispose des nombreuses subtilités du budget national et de son Programme d’investissements publics pour ne pas ne se tenir à carreau durant tout ce temps. Les visites aux écoles primaires, les ballades en bordure des plages très fréquentées par les jeunes chaque week-end, l’image du président people qui préfère élire domicile en plein quartier populaire au risque de transformer les riverains en lapins de tir pour soldats démotivés. Tout cela concourt à entretenir une permanente opération de relations publiques à monnayer durant les élections municipales.

On pourrait réfléchir à la question autrement. Cotonou risque de se transformer en champ de bataille pour chiffonniers. La béninoiserie n’est pas à une hérésie prêt. Les prétendus amis du chef de l’Etat piaffent d’impatience de se faire introniser à Wologuèdè dès décembre. Les charges médiatiques à l’encontre de l’équipe municipale s’amplifient. Les blocages institutionnels suivront immanquablement si l’on s’en tient au mode de fonctionnement du régime depuis son installation. En lieu et place du jackpot, les Cotonois n’auront que leurs yeux pour constater le désastre.

Il y a des compétitions qui nuisent.

Par Arimi Choubadé
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