Ce n’était pas un accident

lundi 4 juin 2007 par Arimi Choubadé

Nul à l’aller à Bamako comme au retour à Cotonou avec un avantage certain pour les Ecureuils dans leur double confrontation avec le Mali en raison du but marqué à l’extérieur. En cas d’égalité entre les deux équipes à la fin des éliminatoires, le Bénin peut dire merci au boulet de canon victorieux de Mouri Ogoubiyi le 25 mars au stade Modibo Kéita de Bamako. La preuve que les enfants tiennent bien leur route sans l’aide d’un providentiel hasard. Le groupe est en plein rodage depuis près de 4 ans. Pratiquement la même ossature que lors de l’aventure de Tunisie 2004. Le nul, vierge de Cotonou n’empêchera sûrement pas la machine à polémiques de s’emballer dès ce matin. La classique baballe entre pro et anti Andjorin.

Avec un effectif qui est resté le même depuis un demi-dizaine d’années on se demande bien quelle influence peut avoir le président de la fédération sur les résultats. Tous les entraîneurs qui ont suivi cette génération de joueurs appliquent presque automatiquement les mêmes positionnements. Le Bénin n’est ni le Brésil ni l’Italie ou le Nigeria pour se permettre des dédoublements de stars. Cette rareté de perles justifie d’ailleurs la quasi inexistence de caprices de stars pouvant bouleverser les équilibres.

Cette équipe-là n’a besoin de personne pour faire ce qu’elle est en mesure de faire aussi bien physiquement que techniquement voire mentalement. Ni du chef de l’Etat ni du ministre ni du président de la fédération ni des excités qui polluent l’opinion publique par des fantasmes débridés. Il faut rappeler que la meilleure opération des garçons a été réalisée à Bamako loin de la ferveur et de la mobilisation populaire contrairement à ce qui s’est passé à Lomé contre les Eperviers lors de la première journée et à Cotonou contre les Aigles en match retour. Le groupe est demeuré aussi soudé malgré les tirades entre les différentes structures de gestion.

Les querelles faites à la fédération ou à son président devraient se limiter aux guerres de leadership autour du foot béninois sans que les performances du Onze national ne fassent l’objet d’instrumentalisation ou de chantage. Andjorin Moucharaf est loin d’être un enfant de chœur et a déjà prouvé sa capacité à affronter l’adversité. On dit de lui d’ailleurs qu’il ne peut s’en passer. La bagarre l’inspire. Il n’a donc pas besoin d’un écrivaillon pour lui venir en aide.

L’empressement des fabricants de sensation autour des soubresauts à la fédération, au ministère ou dans l’encadrement technique se comprend. L’exploitation de la passion du public supporteur obéit aujourd’hui à des conjonctures beaucoup plus mercantiles que sportives. Les experts improvisés s’invitent dans tous les débats très souvent au détriment des vrais connaisseurs réduits à l’inventaire des casses. Avec un mélange de genres à la béninoise. Il y a longtemps que les frontières entre encadreurs techniques, dirigeants administratifs, joueurs, ramasseurs de balles, vendeuses de sucettes, supporteurs ont été complètement brouillées.

Le rôle des dirigeants, toutes tendances confondues, c’est s’occuper de l’avenir de l’équipe nationale (à ne pas comparer avec le foot national déjà dans le gouffre). Aux supporteurs de se consacrer à l’essentiel c’est-à-dire suivre les Ecureuils à l’intérieur du pays ou à l’extérieur pour ceux qui en ont les moyens. Pourquoi ne pas prier tout simplement puisque les petits n’ont plus leur destin dans leurs mains ? Ils doivent impérativement bien négocier les deux derniers matches en souhaitant malheur à leurs concurrents de groupe.

A vos chapelets donc !

Par Arimi Choubadé
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