Plus que la confirmation !

mardi 19 juin 2007 par Arimi Choubadé

Faire douter les galactiques maliens et écraser les mondialistes togolais. Une montée des Ecureuils que plus personne ne peut ignorer désormais sur la planète foot. Nul doute que le classement Fifa va enregistrer un nouveau yoyo du Bénin dans les semaines à venir. Bien que nous restions 3ème à un petit point des deux leaders engagés dans un duel qui n’admet pas de vaincu. La dernière journée de ce groupe déplace tout l’enjeu des qualifications vers Lomé, pendant que les Ecureuils n’auront qu’à tenir leur rang à Freetown face à une Sierra Léone au moral à plat.
On disait de ces garçons qu’ils ont l’étoffe des champions. Trois ans après avoir fait participer le Bénin pour la première fois à une phase finale de la coupe d’Afrique des nations de football, les voilà lancés vers une nouvelle consécration. Dans un groupe assez relevé. Les supporters béninois sont les premiers surpris par ce remarquable parcours à une journée de la fin. Les chroniqueurs nationaux comme internationaux gagnés par le scepticisme sur ces Ecureuils, dès le départ, doivent revoir leurs repères d’analyse.
La victoire sur les Eperviers du Togo… La rue s’en fait déjà des gorges chaudes – le gris-gris enfoui dans les gants du portier épervier, le soleil sur Cotonou toute la journée contrairement à la pluie lors du match contre le Mali, des Eperviers qui refusent de regagner leurs vestiaires à la mi-temps comme à la fin du match, des échanges de projectiles entre supporters, les casses d’après match … et surtout la chorale patriotique chez le chef de l’Etat à la sortie du stade. Des artifices qui n’ont rien de sportif mais qui permettent au foot de gagner toute sa magie.
Les joueurs, eux, sont conscients que seul l’effort paie. Il a fallu que trois pions essentiels des Ecureuils cèdent leurs places sur le terrain pour voir les Eperviers revenir au score en inscrivant leur unique but à Cotonou. Côté facéties toujours, bon nombre de joueurs n’ont pas apprécié le détour par la résidence du président de la République alors que la qualification est loin d’être acquise ; les jeunes gens ont dû supporter une soirée anormalement prolongée alors qu’ils avaient besoin de douche et de repos après un combat très très stressant. Rien ne pressait et la fête pouvait avoir lieu à tout moment.
La victoire éclatante face au Togo demeure, en dépit de tout, un exploit sportif de haute portée. Un exploit dont les véritables acteurs sont les joueurs. La pluie, les gris-gris, les récupérations politico médiatiques, les baratins de journalistes comptent pour une infime partie. Par contre, la guerre psychologique avec les Togolais a été plus que catalyseur. La poudrière était prête depuis longtemps ; depuis ce fameux match aller à Lomé ponctué de maltraitance avérée vis-à-vis des supporteurs, joueurs, encadrement technique et journalistes venus de Cotonou. A cela s’ajoutent les inimitiés entre les présidents des deux fédérations nationales dans le sillage de la crise au sein de l’Union des fédérations ouest africaines (Ufoa) Il ne manquait donc que l’étincelle.
Ce sont les Togolais qui vont mettre le pied dans la fourmilière en faisant une halte tumultueuse au stade de l’amitié de Kouhounou la veille du match au soir, dès leur arrivée à Cotonou. Une provocation de trop qui a servi à cimenter les Béninois. Finalement, ils ont perdu sur toute la ligne aussi bien sur l’aire de jeu que dans les gradins.
Puisque les enfants ont démontré leur maturité, qu’on leur épargne alors les extras inutiles. En attendant la qualification.

Par Arimi Choubadé
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