Areeba coupable ; et Moov ?

mardi 24 juillet 2007 par Arimi Choubadé

Le crime de lèse président. Les responsables de Areeba-Bénin ont certainement pris note de ce que leur reproche le chef de l’Etat. De l’irrespect, selon les déclarations du docteur président sur les antennes de Radio France international (Rfi). Lui, Yayi Boni, chef de l’Etat, chef du gouvernement, président de la République, chef suprême des armées, inventeur du changement n’a pas été informé que Areeba devenait Mtn. Un manquement qui vaut à près d’un million de citoyens de perdre l’usage de leurs téléphones portables pour une durée indéterminée. Jusqu’au moment où l’opérateur comprendra que le président n’est pas content de lui. Une colère de chef bien cher payée.
Voilà pour Areeba.
Et Moov alors ? Le mutisme du président Yayi Boni à ce niveau conforte la thèse de la précipitation et de l’amalgame défendue par de nombreux députés. Il ne peut y avoir version plus officielle que celle exprimée sur les bords de la Seine par le président de la République. La querelle porterait donc sur une histoire de changement de nom. Il ne s’agit ni de corruption dans l’attribution des licences ni d’accès frauduleux à l’international ni de trafic de devises ni d’escroquerie sur les consommateurs.
Vu sous cet angle, seul Areeba peut subir les conséquences du courroux du chef. Là encore, l’infraction n’a pas été entièrement consommée d’autant plus que la cérémonie officielle de changement de nom a été interdite et n’a jamais eu lieu. A moins que la sanction infligée ne vise l’intention. Sauf que les coupeurs de têtes n’ont pas fait dans la mesure. Un autre opérateur et plus d’un million d’abonnés ont été pris, ont été transformés sont compris dans les dommages collatéraux. Coupés du reste du monde, privés d’emploi pour de nombreux intermédiaires, soumis à de graves déconvenues pour de nombreux commerçants et autres artisans.
A moins que les membres de l’autorité provisoire de régulation n’accusent leur mentor de faire économie de vérité une fois arrivé à Paris. A aucun moment, aucun membre de la délégation béninoise, à commencer par son chef, n’a évoqué la remise en cause du cahier des charges hérité de l’ancien régime au motif de la modicité du coût de la licence. Personne n’a voulu prendre le risque de donner l’impression d’un Etat voyou, prêt à renier ses propres signatures, surtout à Paris, capitale du club des créanciers de l’Etat béninois.
C’est évident que réduit au seul changement de nom, le contentieux tombe en désuétude. Moov se sent automatiquement lavé de tout soupçon. Son passage de Telecel à Moov ne saurait être taxée d’illégal puisque bénie par l’un des chantres convaincus du changement à savoir l’ancien ministre Venance Gnigla actuellement bombardé président d’une commission permanente de l’Assemblée nationale. De l’aveu du président de l’instance provisoire de régulation, Firmin Djimènou, la direction de Telecel a bel et bien notifié cette mutation au ministère de tutelle même s’il parle, par ailleurs, d’absence de dossier. Lui seul comprend la différence entre lettre d’information et dossier.
Maintenant, la bulle s’est dégonflée d’elle-même et le président Yayi Boni prône un dénouement rapide. Ce qui ne libère malheureusement pas le dénouement de l’emprise des ressentiments personnels et de la crainte de perdre la face. De vrais patriotes comme ils se plaisent à le revendiquer ne devraient pas rougir de voir des milliers de leurs compatriotes recouvrer l’usage de leurs téléphones portables.
A eux de choisir donc, entre l’ergo et l’intérêt des compatriotes.

Par Arimi Choubadé
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