A défaut de la révolution verte, pourquoi pas la technologique ???

mercredi 5 octobre 2011 par Arimi Choubadé

A l’heure des réformes sensées. Des années que les gesticulations autour de l’agriculture ne portent le moindre fruit. La terre ne ment jamais, parait-il. Et pourtant les prévisions annuelles de production agricoles se suivent et se ressemblent. Les tonnages annoncés peinent à être atteints malgré les efforts à travers plusieurs programmes notamment la mécanisation, les intrants, les coopératives ou les financements publics accordés à des jeunes dits reconvertis à la chose agricole. La révolution verte se fait toujours désirée. Le pire, en dehors de l’échec à propos de l’ambition de faire du Bénin un grenier pour toute la sous région, c’est l’incapacité d’atteindre l’autosuffisance alimentaire pour les quelques millions de Béninois. Riz japonais, huile végétale singapourien, pâtes alimentaires européens, maïs américain et de la laiterie hollandaise demeurent incontournable dans l’alimentation locale.

Ce n’est certainement pas le génie béninois qui est en cause dans cette affaire. On pourrait logiquement se demander ce qui fonde les décideurs, toutes générations confondues, à s’arcbouter sur le volet agriculture malgré l’impasse. En dehors de la courte embellie autour du coton sous le régime Soglo, le Bénin n’a jamais pu s’offrir une posture de grand pays agricole. La logique aurait voulu qu’on prospecte une autre orientation dans la quête des opportunités plutôt que de persévérer dans une voix apparemment sans issue. À l’instar de la légende entretenue autour de la Vallée de l’Ouémé prétendue être (virtuellement) la deuxième plus riche après le Nil. Dans la réalité, c’est que le Nil fait vivre près de 7 pays à commencer par la grande Egypte alors que la Vallée de l’Ouémé ne parvient même pas à nourrir convenablement la moitié de la population du département de l’Ouémé-Plateau (à peine 2 millions d’habitants).

Il existe par contre d’autres révolutions qui méritent que l’on s’y essaye en l’occurrence celle technologique. La petitesse du territoire national considéré comme un sérieux handicap pour la disponibilité des terres cultivables peut se révéler un atout considérable pour le développement des nouvelles technologies de l’information et de la communication. Point n’est nécessaire de déployer de grosses installations pour couvrir tout le territoire national. Sans oublier l’impressionnant potentiel en investissement privé dans le secteur. Pas besoin non plus que l’Etat engloutisse de gros budgets dans l’acquisition de matériels comme c’est le cas en ce qui concerne l’achat de machines agricoles inadaptées et source de polémiques. Il suffit d’une démonopolisation des télécommunications pour que Béninois et étrangers y mettent beaucoup d’argent. Ce qui permet de désacraliser l’accès internet, de rendre plus performante la téléphonie sous toutes ses formes, de permettre une modernisation des outils de gestion des entreprises puis ouvrir la voie à d’autres révolutions.

En d’autres termes, l’engouement déjà manifeste de plusieurs opérateurs privés est la preuve que le pari du développement des télécommunications est largement plus abordable que la course effrénée après une hypothétique révolution verte qui ne vient jamais. Selon toute vraisemblance, la modernisation de l’agriculture apparait comme une lubie exclusive des gouvernements. En effet, pour être efficace, l’introduction de machine dans les champs devrait être la traduction d’un besoin des acteurs privés eux-mêmes, éventuellement accompagnés par les pouvoirs publics à travers des mesures incitatives ; mais jamais l’inverse. A défaut donc d’être le N°1 de l’agriculture dans la sous région (assez prétentieux pour un petit pays coincé entre plusieurs géants), le Bénin peut très bien s’essayer à être le N°1 de la télécommunication ; le potentiel est déjà là, prêt à s’exploser.

Il faut savoir choisir ses révolutions !!!

Par Arimi Choubadé
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