Merci les Ecureuils !!!

lundi 10 octobre 2011 par Arimi Choubadé

Une victoire dont personne n’en voulait. A commencer par le staff qui ne jure que par le tournoi de l’Uémoa alors qu’il s’agit d’un match de Can. Rappelons que le tournoi Uémoa ne figure pas dans les compétitions statutaires ni de la Caf ni de la Fifa. Or, ce sont ces instances qui établissent des classements des équipes nationales avec incidence sur les positionnements au sein des groupes de compétition. Ainsi, une place dans les profondeurs du classement ramène le Bénin à la pénible époque où les Ecureuils étaient contraints à des préliminaires avant de pouvoir se retrouver dans les pouls de qualification. Du fait des mauvaises options sur le dernier match contre le Rwanda à domicile à Porto-Novo, les Ecureuils courent le risque d’être très mal positionnés pour les compétitions à venir. De quoi annihiler tous les efforts ayant permis au Bénin d’être dans le second chapeau dans son groupe après la Côte d’Ivoire. Une éventuelle rétrogradation expose le Onze national à se heurter à plus d’équipes mieux classées que lui. En clair, le staff l’a dit et répété : il ne voulait pas de victoire contre le Rwanda mais préfère se préparer pour une obscure compétition (tournoi de l’Uémoa) dont l’intérêt sportif reste à démontrer. Ce qui justifie le mépris affiché vis-à-vis de la légion étrangère qui a pourtant fait plier l’échine à ce même Rwanda à domicile (3-0 s’il vous plait) au match aller, il y a quelques mois seulement.

Les officiels n’en veulent pas non plus et se sont gardés de se montrer dans les tribunes. On est loin de l’exceptionnelle mobilisation des précédents matches où on pouvait voir plusieurs membres du gouvernement, le président de l’Assemblée nationale, celui du Conseil économique et social, des députés toutes tendances confondues, des élus locaux…y compris le chef de l’Etat en personne, capitaine éternel de l’équipe nationale. Et puis, il n’était pas question de casser la tirelire pour faire descendre les professionnels évoluant à l’étranger. Cette fois-ci, comme la défaite était attendue, prévue voire souhaitée, il n’y avait que le pauvre ministre des sports, Didier Akplogan pour recevoir le soulier de bois programmé. En l’absence de consultations électorales à l’horizon immédiat personne ne voulait se pavaner devant les caméras et « manger la honte ». Les enfants n’ont même pas pu bénéficier de la présence du président de la Fédération béninoise de football dans les gradins, détenu en prison.

Les supporters ne voulaient pas non plus de cette victoire et ont massivement boycotté le stade Charles de Gaule pour le premier match de qualification de l’équipe nationale sénior à Porto-Novo. Une honteuse défection qui ne saurait être justifiée par la prétendue absence d’enjeu, la grisaille économique ou la délocalisation. Avec autant d’obstacles, on se demande où est-ce que les petits pouvaient puiser la motivation nécessaire pour avoir le gain du match. Au bout du compte, il n’y avait que ces onze pauvres diables en sueur sur le terrain pour croire à un miracle, sans public, sans leurs meilleurs éléments, sans compétition entre les jambes ; condamnés à l’avance par leurs propres compatriotes.

Nous avons donc voulu et « souhaité » la défaite et nous l’avons eu. Il fallait ces genres d’événement pour alimenter les bisbilles autour de la fédé. Certains ne se sont pas privés d’étaler ouvertement leur grande satisfaction dès la consommation de la défaite. De quoi alimenter la rengaine habituelle d’absence de championnat national, d’emprisonnement du président de fédé. Le Nigéria, le Cameroun, l’Egypte, l’Algérie, l’Afrique du Sud ne connaissent pas ces genres de difficultés pourtant ils ont été éliminés à la surprise générale. Toute tentative de désorganisation de l’ossature logique des Ecureuils ne peut que donner les résultats du genre de celui du 09 octobre 2011. Il faut que les Béninois gardent toujours à l’esprit que l’histoire footballistique de leur pays ne mérite d’être contée qu’à partir de 2004 à l’occasion de la première participation à une phase finale de la Can. Chaque fois qu’on manquerait de considération aux héros grâce à qui cela fut possible, on ne récolterait que honte, désespoir, déception.

Merci les héros !!!

Par Arimi Choubadé
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