L’industrie du Sida… comme celle de la guerre !!!

vendredi 2 décembre 2011 par Arimi Choubadé

Vivement chaque 1er décembre : ses célébrations, ses fastes, ses gadgets, ses agapes, ses discours, ses jamborees, en hommage quasi-planétaire à l’endroit du sida. Le temps d’étaler toute la splendeur de l’industrie du sida, de plus en plus florissante. Chaque pays, même parmi les plus pauvres au monde, dispose désormais de son armada de véhicules rutilants, d’institutions budgétivores, de rentiers, de subventions, de financements destinés au culte de la pandémie. Bien évidemment, de son lot de porteurs du virus en proie au spleen, à l’abandon et à l’indifférence. Selon une pratique mondialement admise, le plaidoyer, les missions, la gestion des fonds, bref le véritable business est animé par des gens saints, non porteurs, privilégiés du système. Aux vrais porteurs surtout les plus abîmés physiquement de servir d’objet d’apitoiement à l’endroit des donateurs. En clair, le droit aux flashes, aux caméras et aux couvertures des médias ne s’acquiert que lorsqu’on est suffisamment avachi, amaigri, défiguré, affaibli et rongé par le virus, le vrai visage du sida.

« Le sida au sidéen » ; ce rêve du porteur du virus aspirant à devenir un acteur essentiel de la mobilisation mondiale pour l’éradication du mal. Priorité donc à ces derniers dans le recrutement des médecins pour la recherche, des coordonnateurs de budgets pour les financements, et même des gestionnaires des centres d’assistance réservés aux malades. Une sorte de discrimination positive en faveur de ceux au nom de qui s’activent les différents acteurs de la sémillante industrie du sida. Peut-être que des porteurs du virus pour diriger le fonds mondial, les fonds nationaux, les programmes de recherche, les conférences internationales, les missions, les fabriques de préservatifs, les laboratoires d’antirétroviraux ; de manière à rétablir une certaine justice en la matière. S’il y a de l’argent pour les malades ou les porteurs, il faut bien qu’ils en profitent prioritairement !

La dialectique autour de ce mal continue de susciter un redoutable casse-tête pour tous ceux qui essaient d’y comprendre quelque chose. Est-ce les malades et autres porteurs du Hiv qui font vivre les usines de préservatifs, les laboratoires de conception et de fabrication des préservatifs, les institutions, les fonctionnaires du sida et consorts ? Ou est-ce le contraire, c’est-à-dire si c’est l’industrie autour du virus qui fait le lit à la survivance du fléau ? Sur le même modèle dialectique existant entre la « paix » et la « guerre ». Qu’adviendrait-il de la diplomatie internationale s’il n’existe plus de guerre sur la planète ? Quel sort pour les usines de fabrication d’arme en cas de raréfaction des foyers de conflit ? se référer à ce que coute au département d’Etat américain rien que le front du Moyen-Orient, en l’occurrence l’inusable conflit israélo-arabe. Le plus anecdotique reste la mutation progressive de l’Onu vers le recours à la guerre notamment en Côte d’Ivoire et en Libye. Dire qu’il s’agit d’une institution internationale dont la vocation première demeure officiellement la recherche de la paix mais dont la proximité avec des opérations de guerre devient de plus en plus ténue.

Je vois mal comment finir cette chronique autrement que sur une note fataliste en constatant que la « fête » du 1er décembre semble avoir de beaux jours devant elle. Au moins sert-elle à offrir aux victimes du Hiv un tee-shirt, un sandwich, une bouteille d’eau minérale, quelques promesses d’officiels et un formidable buzz sur tous les médias du monde, ne serait-ce que sur une journée. En attendant la prochaine journée annuelle pour les survivants, exactement comme la fête de la paix après la guerre. La conscience de la communauté internationale est sauve puisque des milliards sont consacrés aux victimes du sida.

La maladie aux malades, l’argent aux protecteurs autoproclamés…

Par Arimi Choubadé
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