La fatalité des primes ???

mercredi 7 décembre 2011 par Arimi Choubadé

C’est reparti, les bisbilles autour des primes dans les sociétés et offices publics ou semi-publics, une fois le Pape retourné à Rome ! Un second round qui s’annonce tout aussi sulfureux que le premier. Avec pour finalité évidente, la probabilité de dégraisser le mammouth. En perspective, un nouvel épisode de croisement de muscle entre gouvernement et syndicat. Tant le mot « prime » a fini par se faire institutionnaliser voire sacraliser à l’instar de ces slogans du genre : « Bénin a une économie essentiellement fiscale », ou « la terre ne ment jamais » (même si le coton est en chute libre sur plusieurs années déjà), ou encore « Dieu aime le Bénin ». Les primes quant à elles, intouchables selon une fatwa syndicale bien établie depuis l’avènement du renouveau démocratique parce que figurant en bonne place parmi les acquis sociaux. Le prix à payer lorsqu’on a opté pour le régime des libertés et des droits de l’homme.

Revenons à la dernière trouvaille de la refondation de commettre une commission chargée de proposer une réforme des primes dans les sociétés et offices précités. Une lourde responsabilité puisqu’il s’agit de conjurer des frictions inutiles entre les partenaires sociaux tout en évitant de plonger les structures concernées dans des difficultés financières insurmontables. Concilier le souci du pouvoir de faire des économies et celui des agents de préserver leurs droits acquis avec l’espoir de les améliorer si possible. Deux principes qui ne s’excluent pas forcément, à priori. L’enjeu de l’exercice de la commission c’est de donner à la réflexion toute sa place sans tomber dans la politicaillerie. Pourquoi ne pas naïvement lui recommander de s’inspirer des expériences de bonne gestion des primes au niveau de la sous région ?

Intéressons-nous à deux grands volets de primes : logement et déplacement. Des rubriques qui pèsent sérieusement sur les trésoreries des sociétés et offices concernés. Et pourtant, leur suppression pure et simple pourrait être envisagée qu’on ne crie à la violation de droits acquis. En parcourant certains pays limitrophes, le Ghana et le Nigéria, on s’instruit d’approches au sujet de logement et de transport d’agents. Ceci à travers les foyers corporatistes visibles dans les grandes agglomérations. A l’instar du foyer de la police à Accra où sont logés tous les policiers de la ville. De sorte que les budgets alloués à cette corporation ne se préoccupent plus de primes de logement mais plutôt de construction de citées intégrées et dotées de quelques accommodements utilitaires (écoles, dispensaire, aires de jeux, boutiques). Ce qui permet de faire une extension logique vis-à-vis du transport des agents à partir des foyers de regroupement vers leurs postes de travail respectifs grâce à des pools de véhicules acquis pour la circonstance. C’est bien possible d’avoir su le sol béninois aussi des foyers de postier aménagés, pour agents de sécurité sociale, du Cncb, du Cnhu, de l’Ortb, de la Sonacop et même des mairies. Même le casernement des militaires et gendarmes jadis très strict bat actuellement de l’aile. Il est bien loin l’époque où tous les agents en uniformes sont logés dans les camps militaires y compris les généraux.

Imaginez le rendement d’un agent exempté du calvaire des maisons à louer, des moyens de déplacement et accessoirement de l’encadrement scolaire de sa progénitures etc… Dans ce cas, la prime n’est pas supprimée mais est tout simplement orientée autrement vers la construction et l’entretien des logements et du système de transport. La brèche pourrait servir à s’attaquer progressivement aux autres primes liées à des prestations de service dont la satisfaction est à la portée de l’employeur.

A moins qu’on n’ait préféré la polémique à la solution…

Par Arimi Choubadé
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