Quelqu’un pour nous dire toute la vérité !!!

mercredi 21 décembre 2011 par Arimi Choubadé

Leurs économies respectives au bord de l’apoplexie ; leurs populations aux prises avec des plans d’austérité et de rigueur tous azimuts ; leurs rues en ébullition ; les emplois massivement supprimés. Un véritable scénario d’horreur chez ceux pompeusement baptisés partenaires techniques et financiers du Bénin et qui contribuent à l’équilibre du budget national à hauteur de près de 25%. Totalement en rupture avec l’indolence ambiante tendant à faire croire aux Béninois que tout va bien ; que l’aéroport de Glo Djigbé (près de 360 milliards soit la moitié du budget national) serait bientôt une réalité ; qu’on construirait un port sec à brève échéance à Tori-Bossito ; que l’imposant siège de l’Assemblée nationale en construction s’achèverait bientôt. Et beaucoup d’autres projets de prestige encore alors que les travailleurs attendent toujours la concrétisation des avantages salariaux récemment accordés ; que les primes dues à ces mêmes travailleurs ne sont plus régulièrement payées ; que l’administration manque de tout pour son fonctionnement du fait de la difficulté des fournisseurs à honorer leurs engagements à cause d’arriérés de factures au trésor public.

Visiblement donc, le ralentissement de l’activité économique a cessé d’être le seul apanage des fantasmes d’opposants aigris et assoiffés du pouvoir. Les habitués du tronçon Carrefour Lègba-Carrefour Saint Michel se surprennent à parcourir ce trajet en moins de 4 minutes, en période de fin d’année, aux heures de pointe, alors qu’habituellement, à la même période, il en faut au minimum une dizaine de minutes. Et jusque là personne pour venir expliquer aux citoyens pourquoi ce ralentissement et les mesures envisagées afin d’anticiper sur le pire à venir. Sans oublier qu’il y a une autre conséquence logique du spleen économique et financier chez les partenaires techniques et financiers au budget national, à savoir la raréfaction de l’apport de la diaspora vers les pays d’origine au sud du Sahara dont le Bénin. Dans un contexte de chute drastique de la filière de coton autrefois génératrice de devises.

Cette pénible conjoncture devrait logiquement inciter tout dirigeant à s’ouvrir à ses concitoyens, en toute franchise, sans langue de bois. Surtout après avoir franchi les échéances électorales les plus cruciales. Partout ailleurs les sommets se multiplient, parallèlement aux concertations nationales, aux dialogues internes voire aux gouvernements d’union nationale ou aux projets de référendum. D’autant plus que la crise est d’abord celle des peuples, principales victimes des mesures de restriction. La seule bonne foi du chef visant à « faire le bonheur des acteurs économiques et sociaux contre leur volonté » ne saurait suffire. Il vaut mieux dire au peuple pourquoi il souffrirait plus que par le passé ; lui parler du nombre d’emploi en voie de disparition ; des avantages fiscaux à supprimer ; des plans d’ajustement et des sacrifices à consentir pour chaque catégorie de citoyen.

Les refondateurs peuvent, peut-être se vanter d’avoir conçu et mis en œuvre des réformes dans plusieurs domaines notamment en milieu portuaire. Sauf que le Programme de vérification des importations (Pvi) considéré comme la vitrine de ces réformes aurait certainement souhaité officié dans un environnement moins délétère propice aux pêcheurs en eaux troubles. Parce que ceux conviés à l’exercice de pédagogie à l’endroit des différents acteurs concernés n’ont pu honorer leur rang. On ne comprend toujours pas pourquoi ministres, députés et autres courtisans n’ont pas continué à arpenter les hameaux les plus reculés afin de rechercher avec leurs compatriotes les meilleures attitudes à adopter face à la crise. L’exercice serait plus aisé maintenant que les rues sont calmes plutôt qu’au moment où la tempête aurait atteint des pics critiques.

Parlez maintenant de la crise aux Béninois avant qu’il ne soit trop tard !!!

Par Arimi Choubadé
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