Co-gestionnaires ou coresponsables ???

vendredi 23 décembre 2011 par Arimi Choubadé

Avis aux observateurs les plus perspicaces de la refondation ! Quelqu’un pour nous renseigner sur les incidences de la politique de la main tendue (ou du doigt tendu) ; ce que les nouveaux venus auraient apporté à la marche du gouvernement dit de l’ouverture. Les réformes au port ? La suppression du droit de grève aux douaniers ? Les menaces de retrait d’agrément aux gestionnaires de parcs de véhicules d’occasion ? Les projets de suppression des primes dans les sociétés et offices d’Etat ? Ou les poses de pierre et lancements de travaux tous azimuts ? On est bien curieux de savoir laquelle des nouvelles trouvailles gouvernementales porte la marque déposée des nouveaux alliés issus de la main tendue. Un Léhady est réputé pour être une véritable machine à idées, un activiste chevronné, stratège devant l’éternel. Beaucoup de ses anciens compagnons jureraient volontiers qu’il a pu inspirer certaines actions du pouvoir depuis son acceptation de l’ouverture. Lesquelles alors ? Le projet de révision de la constitution ? Lorsqu’on sait que des esprits malins à la Marina ambitionnent ouvertement de liquider définitivement tout descendant direct d’ancien président de la République dès le préambule du nouveau texte à soumettre au référendum (Nasser Yayi appréciera).

Peut-être qu’à défaut de s’abreuver à la source de ses alliés Houézèhoués, le docteur-refondateur en a pris auprès d’autres transfuges tels que Edmond Agoua, Cyriaque Domingo, Valentin Houdé ou Vénance Gnigla. Apports des recrues de l’ouverture très peu perceptibles jusque-là. En temps normal, c’était déjà très compliqué pour les citoyens de distinguer assez nettement les différences entre les options de gouvernance proposées par chacun des prétendants au trône en dehors de leurs ambitions individuelles respectives. On comprend que la supposée mise en commun de projets autrefois concurrents soit encore plus embrouillée dans les esprits. Surtout que personne ne semble faire l’effort de proposer une grille de compréhension au commun des Béninois sur les enjeux réels de l’ouverture mis à part les désertions quasi-quotidiennes et les mutations constantes au sein du groupe parlementaire Union fait la Nation.

Le risque est grand de faire paraître les appelés de l’ouverture comme des faire-valoir de la refondation. En effet, on ne saurait mettre à l’actif du gouvernement dit d’ouverture (après quelques mois seulement d’existence) le spleen économique et social à la veille des fêtes de fin d’année 2011. On se pose encore la question de savoir si la Rb accepterait d’assumer la vie chère, la grogne des travailleurs, la dégradation avancée des principales routes du pays avec à peine six mois de présence effective au gouvernement à travers un seul ministre affecté à l’environnement. Comment s’émanciper dans un régime en ce contentant de si peu et avec la hantise que les choses pourraient s’empirer à tout moment du fait des difficultés économiques quasi-insurmontables des fameux Ptf (Partenaires techniques et financiers) du pays ?

La politique d’ouverture à l’épreuve de la coresponsabilité. Cela exige forcément une fonctionnalité évidente de la main tendue. Une sorte de refonte des axes originels de la politique de Yayi confrontés aux apports des nouveaux venus. Les transfuges ne manquent d’ailleurs pas de professer, à chaque fois, avoir effectué le virage sur instructions des électeurs de base attachés à la préservation du climat sociopolitique apaisé instauré depuis la conférence nationale de février 1990. Encore faudrait-il que ces mêmes électeurs de base se retrouvent à travers la gestion quotidienne de la cité. Qu’ils soient vraiment convaincus que les auteurs du K.O. ont réellement emprunté certaines idées à leurs victimes devenues alliées.

Pouvoir cogérer pour être coresponsables !!!

Par Arimi Choubadé
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