Parrains dégradés !!!

jeudi 19 janvier 2012 par Arimi Choubadé

Il se trouve encore quelques nègres complexés pour se conjecturer sur le sort du Cfa. Sera-t-il dévalué ou pas ? Comme s’ils ne suivent comment les agences de notations malmènent les superpuissances (France, Usa, Autriche, Italie etc..). Le très diplomate ambassadeur de France au Bénin a cru « rassurer » les Béninois en affirmant que leur pays aurait conservé sa note (laquelle ?). Quelques heures seulement plus tard, le parrain lui-même, la France a reçu un bang ! mémorable sur le crâne. En fait, Standard and Poor et tous les autres patrons de la finance mondiale ont mieux à faire que de s’occuper de lampistes attardés, incapables de se gérer eux-mêmes. Ok ! Le Bénin n’aurait pas été dégradé. Mais il y a pire puisque c’est son protecteur qui a directement reçu la correction. Conséquence pour toute la zone Cfa, c’est de devoir emprunter désormais sur le marché international à des taux plus élevés. L’autre forme de dévaluation d’autant plus que l’accès aux capitaux est plus réduite qu’auparavant.

Certains se consolent du fait que les prix n’auraient pas flambé sur les étalages. C’est sans compter avec la soudaine envie de supprimer la plupart des subventions sur les produits d’importation de grande consommation. Subitement, tous les gouvernements africains, surtout de la zone Cfa, décident de pratiquer la vérité des prix, simultanément. Tout ceci à la suite d’une tournée africaine de la présidente du Fmi, anciennement ministre français des finances. Heureuse coïncidence destinée néanmoins à économiser suffisamment d’argent afin de faire face aux nouveaux taux de la dette. Au bout du compte, l’honneur reste sauf ! Il ne sera pas dit qu’une fois de plus, le Cfa a été dévalué : l’opinion publique (espace Cfa) semble commencer par être agacée face à l’apathie et à l’absence d’initiative de sa classe dirigeante fataliste.

Mais la grande leçon pour les Africains vient de la dégradation de la note du Fonds européen, l’instrument d’intégration et de solidarité le plus rodé au monde, parait-il. Le verdict des agences de notations sur le sujet est sans équivoque : l’Europe a été punie parce que ses membres n’ont pas suffisamment été solidaires les uns envers les autres. L’Allemagne préfère sauvegarder son AAA (triple A) et le niveau de vie de ses citoyens plutôt que de venir au secours d’une Grèce en agonie. On a bien vu que malgré la multiplication des sommets, chaque pays a entrepris des plans de relance individuels. Même le très activiste Sarkozy a dû improviser un conclave de crise avec les partenaires sociaux nationaux pour faire face à la situation. Il a compris que c’était très risqué de se contenter de jurer au nom de l’Europe ou d’un prétendu couple franco-allemand à quelques mois de la présidentielle.

Contraste saisissant par contre sous les tropiques où on attend qu’une fois encore la solution vienne d’ailleurs. Alors que l’espace Cfa court vers une raréfaction certaine des aides budgétaires directes. Ce qui équivaut à une réduction drastique des investissements publics notamment en infrastructures, donc une perturbation de l’appareil de production puis une diminution des recettes internes. Rien que cette déclinaison très pessimiste des perspectives devrait inciter à voir la gouvernance publique sortir la machine à solutions sur tous les secteurs. Le citoyen africain (francophone) mérite aussi que ses dirigeants viennent lui dire comment faire pour améliorer l’outil industriel, alléger les effets de la crise pour les ménages, lutter contre le chômage des jeunes, exactement comme Sarkozy le fait en France, Papademos en Grèce ou Obama aux Usa. Du dialogue entre acteurs sociaux qui n’a rien à voir avec la méthode Goodluck Jonathan faite de gaz lacrymogènes contre syndicalistes, de matraques contre jeunes manifestants ou de déploiement de blindés et de militaires dans les rues.

Etre dévalué ou être dégradé ? Du même au même !

Par Arimi Choubadé
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