Holo n’est pas français, encore moins socialiste…

lundi 13 février 2012 par Arimi Choubadé

Exit la Cour de justice de la République, l’équivalent français de la Haute cour de justice du Bénin, si François Hollande devenait président de la République française. Holo et compagnie seraient français qu’ils perdraient automatiquement le privilège d’aller siéger quelque part à Porto-Novo un peu après mai 2012 – sous réverse de la confirmation des sondages quasi euphorisants pour le candidat socialiste à quelques mois du scrutin présidentiel. Une réforme annoncée qui se nourrit d’un constat aussi bien en France qu’au Bénin que cette juridiction peine à se départir de son hideux aspect de décoratif institutionnel. Des « juges » surpayés à ne rien faire, un budget de fonctionnement, des attributs de prestige, des avantages considérables, et curieusement sans aucun dossier à se mettre sous la dent depuis son apparition dans le système juridico-politique béninois. On les dit compétents pour connaitre des malversations des princes qui nous gouvernent. Pourtant, le pays n’a jamais été autant traversé par les scandales politico-financiers parfois avec identification claire des éventuels auteurs ou complices présumés. Une vaste hypocrisie institutionnelle que les socialistes français envisagent d’enrayer s’ils parvenaient au pouvoir en mai 2012.

Les refondateurs béninois n’y pensent pas du tout alors. Eux continuent de croire dur comme fer à l’existence d’un privilège de justice pour les « en haut de en haut ». Un ministre même voleur, escroc, tripatouilleur, faussaire ne mérite pas d’être jugé par un tribunal ordinaire. Il lui faut un prétoire spécial, des juges spéciaux et un cadre pour VIP. Une institution politique qui fonctionne sur une procédure toute aussi politique pour des justiciables eux aussi politiques. Une sorte de combine entre initiés de la même caste. Déjà la décision de poursuivre ou pas échappe à la conviction intime d’un juge professionnel comme cela se fait dans les procédures normales. Lorsqu’il s’agit des privilégiés de la République, l’intime conviction est suspendue au jeu des géométries variables de 83 « juges » à l’Assemblée nationale. Aucun Béninois n’ignore ce qu’est la conviction chez nos honorables députés. Une conviction bien trempée qui fait que depuis plus de 20 ans aucun des multiples délinquants à col blanc n’a payé pour ses divers crimes économiques, chaque jour un peu plus odieux, un peu plus abjects, un peu plus ignobles.

Rien qu’à voir la composition de la Haute cour de justice on se rend à l’évidence que l’objectif n’est pas de parvenir à une bonne justice mais plutôt à une parodie de justice pour les dirigeants. Un savant dosage de membres de la Cour constitutionnelle (tous nommés par des politiques) et quelques députés sans qu’on ne tienne aucun compte ne serait-ce que d’une compétence intellectuelle. Tout marchand d’illusion ayant « acheté » les suffrages des électeurs au prix de quelques kilos de riz, de billets de banque, de bourrages d’urne et de tripatouillage peut se retrouver facilement dans le rôle de juge à la Haute cour de justice. Facile d’imaginer la nature de la conviction de ces genres de juges.

A y voir de près, on constate bien que toutes ces acrobaties institutionnelles ne visent qu’une seule chose : éviter aux princes de répondre de leurs forfaits devant des juges. Ce qui explique tous ces artifices introduits dans la procédure de saisine de la Haute cour de justice, de sorte qu’au bout de 20 ans elle ne puisse jamais connaitre du moindre dossier. Imaginez le nombre de voyous de la République qui se seraient retrouvés devant une juridiction aux procédures aussi simplifiées que celles des tribunaux ordinaires avec de vrais juges professionnels si ce machin (Haute cour de justice) n’avait pas existé. En réalité, le contribuable paie aussi cher cette institution pour aboutir à un véritable déni de justice. Impitoyable justice pour les voleurs de poulets, épouvantail institutionnel politisé pour les voleurs de milliards. Et personne ne songe à réformer cette hérésie.

Qu’en disent les « socialisants » béninois ?

Par Arimi Choubadé
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Messages

  • Des éminentes personnalités capable d’interpréter les textes dans leurs natures,contournent les lois les modifient sur commande de tiers ou au profit d’un clan ou d’une famille politique. le législateur à prévu un outil de cette taille pour juger les assassins de la république ; il n’a pas tenu compte de la pression de la société civile et des organes de presses indépendants.Qui juge qui ?les faits de malversations sont connus, leurs auteurs identifiés mais l’institution ne brille que par les sorties officielles ;et le contribuable après être spolié paie ensuite ces professionnels du droit à faire la politique.Et l’IGE ?c’était suffisant à mon avis.