La pommade Ua ne passe pas…

mercredi 22 février 2012 par Arimi Choubadé

Le Pvi ou l’Ua ? S’occuper de la guerre au nord du Mali, c’est bien. De la famine au Sahel du fait des milliers de réfugiés en provenance de la Libye déglinguée, c’est très bien. Excellente idée, les tractations en vue de la désignation d’un président consensuel pour la commission de l’Ua. Très louable de se pencher sur l’imbroglio sénégalais ou sur l’engrenage terrorisme au Nigeria. Qui a dit que le panafricanisme est en panne et que les Africains ne s’aiment pas suffisamment entre eux ? Solidarité à toute épreuve, même si c’est pour réparer les dégâts causés par le parrain Sarkozy et les bombardiers destructeurs de l’Otan. Un premier sommet, puis un deuxième, des tables rondes, des colloques, toujours à propos des mêmes sujets que ceux abordés à la rencontre informelle des chefs d’Etats à Cotonou en février 2012. L’Union africaine est en marche. Soit !

A la différence notable toutefois que les K.O électoraux de 2011 au Bénin ont pour dénomination commun la « refondation ». Jamais il n’a été question de faire le bonheur des Béninois par le truchement du « panafricanisme » et des ballets incessants de chefs d’Etats. Libre aux limiers de la com de la Marina de faire intervenir Yayi sur Rfi, Bbc, LC2 International, Africa 24 et autres relais des agitations diplomatiques internationales. La matière est, par contre, très peu passionnante pour le commun des citoyens. Ce ne sont pourtant pas les chantiers internes qui manquent. Le plus emblématique, celui qui fait courir députés, ministres, partis politiques, journalistes, transitaires, opérateurs portuaires privés ou publics, courtisans de tout acabit ; a pour nom : Pvi (Programme de vérification des importations) que l’on dit porteur de vertus quasi miraculeuses. Un parti a cru savoir que c’est grâce à ce Pvi-là que l’Etat béninois ferait face aux revendications salariales des enseignants en grève, à la gratuite de la césarienne, à la gratuité de l’enseignement, à la construction du port sec de Parakou, patati patata. En résumé, le bonheur du Bénin passe forcément par la réussite des Pvi.

On veut donc comprendre l’alchimie qui a permis aux communicants de la refondation de sauter des Pvi à l’Ua, sans transition. Qu’ils nous disent à quoi sert-il d’inonder les médias publics béninois sur l’utilité d’aider à la résolution de la crise au Mali, au Niger, au Nigeria, au Sénégal et ailleurs sur le continent. Le droit à l’information ? Pourquoi pense-t-on que le paysan de Lalo ou celui de Kika serait plus préoccupé par la paix en Afrique que par la reprise des cours dans les écoles et lycées touchés par les grèves d’enseignant. A moins d’avouer que les réformes n’étaient pas initialement destinées à l’amélioration des conditions de vie des plus vulnérables. Or tous les spécialistes sont unanimes pour lier la prolifération des foyers de tension à la pauvreté et l’analphabétisme des masses endoctrinées par des idéologies abjectes. Lutter contre les poches de misère c’est déjà lutter contre l’insécurité sur le continent. A quand un sommet dont l’ordre du jour serait de renvoyer chaque chef d’Etat à l’exécution conséquente de son programme d’action visant à sortir les citoyens du mal-vivre chronique ?

Les concepteurs de ce virage communicationnel devraient pourtant avoir conscience des risques qu’ils font courir à la refondation. Car la magie de l’Ua ne dure que le temps d’une présidence en exercice c’est-à-dire un an (maximum deux ans). Que resterait-il des réformes au Bénin si cette présidence en exercice se retrouve prise dans le piège des messes à l’Ua. Les tourments de l’Afrique existent depuis la nuit des temps ; pour être plus contemporain, on dirait que depuis la traitre négrière, l’histoire du continent ne fut que souffrance, sang, feu et larmes. Avec ou sans les sommets « formels ou informels ».

A trancher entre l’Ua et la refondation interne !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1051-la-pommade-ua-ne-passe-pas.html