Sarkozy avait vraiment vu la vague…

lundi 7 mai 2012 par Arimi Choubadé

En sens inverse vraisemblablement. Les électeurs français se sont effectivement mobilisés comme le pressentait le candidat-président au cours de la campagne mais ils ont compris son pathétique « aidez-moi », à leur manière. Au lieu donc de l’aider à rester, ils l’ont plutôt aidé à partir. Une défaite annoncée, programmée, célébrée depuis plusieurs mois. Pas une fois, au cours de la précampagne et de la campagne, les intentions de vote ne lui avaient entrouvert l’espoir d’un maintien à l’Elysée pour un second mandat. Lui, Nicolas Sarkozy, le plus redoutable animal politique de ces dernières années, relégué au second rang dès le premier tour puis battu au second. La résurrection du stratège supposé n’a jamais eu lieu malgré sa verve retrouvé, son discours braqué à l’extrême droite, sa promesse de bouffer son adversaire au cours du face-à-face télévisé du 02 mai 2012. Au contraire, à force de pourchasser, « ventre à terre », Marine Le Pen, il a perdu en chemin François Bayrou. Aux analystes et statisticiens de se charger d’en tirer les leçons du scrutin.

Retour sur les opinions africaines francophones majoritairement favorables à Hollande pas en tant qu’homme d’Etat au sens classique du terme mais en tant que tombeur de Sarkozy. La brutalité des propositions du président sortant sur l’immigration et sur les immigrés de France en général ne sont pas étrangères à ce désamour. Par ailleurs, Sarkozy, c’est aussi une histoire récente avec l’Afrique. Son fameux discours de Dakar de 2007 : « le drame de l’Afrique, qui est que l’Homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire ». Une réflexion qu’il devrait trainer comme un autre boulet à côté de son impopularité record. Lorsqu’on y ajoute une fin de mandat très mouvementée pour la diplomatie française notamment avec la terrible image du bunker de Laurent Gbagbo affreusement éventré à Abidjan. Sans oublier les tonnes de missiles déversées sur une Libye de Kadhafi jusqu’alors idole de plusieurs générations d’Africains. Tout le monde s’accorde également pour reconnaitre l’effet des dépôts d’armes libyens en errance après les bombardements de l’Otan sur la déstabilisation de certains pays sahéliens. C’est une évidence que les milliers de déplacés de guerre pris au piège dans le désert du nord du Mali ne porteraient pas Sarkozy dans leur cœur au moment où ce dernier cherche à s’offrir une reconduction.

En suivant la campagne de la présidentielle française2012, on comprend que les perspectives réelles d’un renouveau en Afrique restent maigres. Lors du débat télévisé d’entre deux tours, à peine si les deux contradicteurs en lice avaient consacré au continent noir quelques minutes. Avec une prime morbide aux pays en proie à des menaces post-Kadhafi. Hollande et Sarkozy n’avait eu d’attention que pour le Niger, le Mali, la Mauritanie, l’Algérie et accessoirement la Côte d’Ivoire et la Libye. Aucun mot sur la démocratie, les grands défis de développement ou la lutte contre la pauvreté. Et pourtant les attentes demeurent les mêmes que toujours et portent sur un renouveau dans les relations entre la France et l’Afrique. Les Africains ne demandent qu’à être respectés dans leur relation avec leur ancienne puissance colonisatrice. La cellule africaine de l’Elysée à la merci des barbouzes, des politiques et des trafiquants devrait être décrochée de l’Elysée pour être rattachée plus logiquement au Quai d’Orsay (affaires étrangères) comme la France le fait avec toutes les autres nations du monde qu’elle respecte. La deuxième revendication est économique à savoir l’arrêt de l’OPA sur les ressources de l’espace Cfa sur le marché financier mondial du fait d’un arrimage atavique et rétrograde à la banque de France. Pour le reste il peut gérer sa patrie, la France, comme bon lui semble.

Wait and see…

Par Arimi Choubadé
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