Xwlacodji est lagunaire ou maritime ?

lundi 21 mai 2012 par Arimi Choubadé

Ce devrait être le test grandeur nature de la solidité du nouveau tandem Gouvernement-Mairie de Cotonou ; une des grandes attractions de la politique de main tendue post K.O électoraux de 2011. À l’arrivée, le déguerpissement des populations à Xwlacodji se révèle une lourde croix portée en solitaire par le vieux maire. Seul, face à l’étendue des gravats et des décombres de dizaines d’habitations éventrées par le passage des engins de la désolation. Presque abandonné de tous, y compris par certains de ses adjoints d’arrondissement dont l’unique inspiration a été de se confondre en mea culpa au lieu de prendre la défense de leur patron face aux attaques pernicieuses venant de toute part. À commencer par le ministère de l’Environnement sensé être la matérialisation de la « main tendue », mais qui n’a pas hésité à inonder la presse de documents visant à confondre davantage Nicéphore Soglo dans sa dénonciation de l’ignominie sur la berge maritime en non lagunaire. A peine si le président-maire n’a pas été traité de fieffé menteur, de comédien, de dissimulateur, de manipulateur, l’autre dirait de petit calomniateur.

Son tort, c’est d’élever le ton après la destruction de plusieurs habitations dans sa ville sans que lui le maire ne soit informé auparavant. Oui ! Il était entièrement d’accord que la ville soit assainie notamment sur ses berges lagunaires (à différencier de côte maritime où se situe Xwlacodji). Oui ! Il a cosigné avec le ministre de l’Environnement un communiqué lançant un ultimatum aux occupants illégaux des dites berges lagunaires. Oui ! Certains de ses collaborateurs participent régulièrement aux travaux d’une commission prévue à cet effet. Oui ! Il en a approuvé le projet d’aménagement. Mais personne n’a jamais prouvé que le maire Nicéphore Soglo a été personnellement et officiellement saisi au moment de l’assaut des engins lourds contre des habitations de pauvres hères de la côte maritime en pleine saison des pluies. Pire, on lui conteste le droit de dire qu’il n’était pas informé au nom du délit de proximité politique avec le ministre en charge des démolitions de maisons.

Qu’on nous explique alors ce que gagnerait Soglo à tromper les populations de Xwlacodji. Des dessous de table ? Des enveloppes ? De la part de qui ? On n’oublie que le chef du 5ème arrondissement membre de la Renaissance du Bénin, natif de la zone déguerpie a vu sa maison familiale réduite en gravât et tout son électorat en errance. C’est évident que le spectacle des familles entières privées de logement du jour au lendemain pourrait laisser des traces au sein de l’opinion publique à quelques mois du renouvellement des mandats municipaux. De là à imaginer que des malins s’essayent d’ores et déjà à rendre le maire impopulaire en prévision d’un vil dessein qui reste à dévoiler, il n’y a qu’un pas vite franchi. Les questions subsistent, en effet, à propos des choix des démolisseurs. Leur empressement à détruire des habitations où vivent les populations contraste singulièrement avec la passivité dont ils font preuve vis-à-vis des endroits où il n’y avait que des hangars précaires de marchands. Un ignare comme moi pourrait rajouter à la confusion générale en se demandant pourquoi parler de berge lagunaire au sujet de Xwlacodji situé en bord de mer et non de la lagune de Cotonou.

Par contre, le crime doit avoir profité à quelqu’un. En premier lieu, le complexe hôtelier inauguré en grande pompe juste quelques semaines avant que Xwlacodji, l’hideuse bourgade ne soit complètement rasée. Heureuse coïncidence ? Il y a également tous ces réseaux souterrains qui ont alimenté tous les organes de presse de détails croustillants sur la prétendue fausseté de Nicéphore Soglo. Il y a certainement des dividendes, peut-être électoralistes, à tirer d’une impopularité maximum du président-maire.

Ont-ils réussi ???

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1081-xwlacodji-est-lagunaire-ou.html

Messages

  • Je suis aussi un ignare comme vous Mr Arimi,mais je vous tire le chapeau pour l’impartialité et la franchise dont vous faites état dans vos éditoriaux . Je me suis posé les mêmes questions que vous .Je crois que la fonction journalistique reste encore à définir pour beaucoup de nos compatriotes journalistes béninois qui ecrivent tout ou rien ,pour un oui ou un non,sur des coups de cœur ,de colère et autres émotions ,sans investigations préalables.