Chacun avec son agenda !!!

mardi 29 mai 2012 par Arimi Choubadé

Après le tour d’horizon, le tour de raison. Ces rencontres tous azimuts entre le chef de l’Etat et les différents partis et regroupements politiques. Juste après le retrait du très controversé projet de loi portant révision constitutionnelle. Tous se sont relayés au palais de la Marina : Adrien Houngbédji, Nicéphore Soglo, les partis de la majorité parlementaire élargie à quelques ténors de l’ancienne coalition dite Abt. Tour des écuries très coloré avec des clichés presque inédits à l’instar du poignet de main Yayi-Houngbédji (une fois tous les 5 ans). Mais les organisateurs ont promis remettre cela, « dialogue politique », on l’appelle. Le tapis rouge au G20, à l’Elysée, à la Maison Blanche ne sont que les fruits d’une image idyllique d’un pays ayant accueilli le saint père, engagé dans un dialogue entre le pouvoir et ce qui tient lieu de « classe politique », avec en sus la présidence en exercice de l’Union africaine, le tout au lendemain de deux K.O électoraux. Des échanges directs qui n’ont même pas eu besoin des services du médiateur de la République, absent pour santé défaillante parait-il.

Le paradis sur terre, en somme. N’eut été la petite pique d’un activiste Joël Atayi Guèdègbé au cours d’un débat sur la radio nationale, étonné de ne pas disposer d’un « ordre du jour » clair de l’initiative de dialogue. Exactement le même avis que tous ceux qui ne se satisfont pas seulement des reportages télévisées et des couvertures de journaux sur des retrouvailles entre personnalités. Les quelques vagues échos filtrés dans les médias donnent cependant une idée sur la teneur des conciliabules au sommet de la nation. De Houngbédji à Houdé en passant par les Soglo, Azatassou ou Zoumarou, les impressions d’après audience ne divergent que très peu ; tous évoquent des exposés présidentiels sur les grandes difficultés de la nation : tension autour du Programme de vérification des importations (Pvi), du coton, crise sociale, révision de la constitution, liste électorale, raréfaction des ressources dans les régies financières de l’Etat. En d’autres termes, les invités ont plus écouté le chef de l’Etat qu’ils n’ont pu placer eux-mêmes quelques préoccupations. Ça c’est pour le premier round.

C’est dans la suite que le coup de gueule évoqué plus haut prend tout son sens. En effet, tout le processus de dialogue désiré ne saurait être consacré aux seuls exposés du président de la République sur l’état de la nation. D’où les questions sur le round suivant. Les appelés au dialogue aussi doivent pouvoir se faire entendre, à leur tour, après avoir écouté le chef, sur la base d’un ordre du jour accessible à tous les citoyens. De sorte que l’initiative ne soit pas perçue par la grande majorité des Béninois comme l’une de ces piètres représentations politico-médiatiques en prélude à des compromissions et des manipulations de très mauvaise réputation. Avant le retour à la table de négociation, chaque entité, chaque chapelle, chaque courant et chaque groupe devraient se munir de son agenda avec préoccupations et de propositions à propos de chaque sujet identifié.

Visiblement, personne ne semble avoir décelé la moindre fausse note à ce premier tour de chauffe. Une condescendance lourde de sens pour le reste du parcours. Tous devraient donc se partager, solidairement, la responsabilité d’un échec ou d’un succès. Pour ne pas avoir ouvertement fait part d’éventuelles réserves dès le départ, tous les dialogueurs y compris les plus résolus des adversaires du pouvoir ne pourraient se prévaloir d’une quelconque maldonne, plus tard. D’où la nécessité d’un effort de transparence autour des débats afin de permettre aux simples citoyens de se faire une opinion exacte de la suite des événements. La négociation devrait afficher à la fin un visage unique, un discours unique et une conclusion unique quels qu’ils soient même si c’est pour constater un désaccord total sur tous les sujets.

La vérité, rien que la vérité, pour une fois !!!

Par Arimi Choubadé
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