Intérêt général contre intérêt particulier ???

jeudi 31 mai 2012 par Arimi Choubadé

Il ne manquait plus que ces pauvres hères aux emplois désormais en pointillés du fait des bisbilles autour du célébrissime contrat Gouvernement-Bénin Contrôle. Tous, en voie d’être sacrifiés sur l’autel de l’« intérêt général ». Eux-mêmes s’estiment à plus de 600 têtes, aux portes du chômage ; s’ils n’y sont pas déjà avant leur sortie médiatique de fin mai 2012. Heureusement peut-être qu’on n’en soit qu’à la suspension provisoire et qu’il y a espoir que tout rentre dans l’ordre très bientôt par le truchement d’un de ces retournements spectaculaires dont les Béninois s’habituent peu à peu. Sauf que le combat de coq qui occupe actuellement les deux contractants (Gouvernement béninois, Bénin Contrôle S.A.) n’autorise guère à une embellie imminente. C’est le ministre en charge de l’économie maritime lui-même qui a décidé de porter la contradiction au collège d’avocats commis à la défense de la société privée, le tout par médias interposés. Conférences de presse contre conférences de presse ; interviews contre interviews ; monologues télévisés contre monologues télévisés. Mes confrères de la télévision Canal 3 qui ont essayé d’organisation un débat contradictoire sur le sujet en ont eu pour leur fougue en constatant le désistement in extremis de celui qui est sensé défendre les positions du gouvernement à savoir le professeur Salami contre le représentant du collectif des avocats de Bénin Contrôle, le professeur Joseph Djobénou. Un combat d’agrégés qui a tourné court.

L’enjeu de la polémique se résume autour de la guéguerre sur la nature juridique du contrat : administratif ou non. Le gouvernement et ses partisans l’auraient voulu administratif afin de pouvoir bénéficier des prérogatives exorbitantes de puissance publique permettant d’imposer unilatéralement ses propres options au cocontractant. Les autres en face ne jurent que par les dispositions mêmes du contrat décrivant tout un mécanisme de modification dudit contrat exactement comme on le ferait s’il s’agissait d’un contrat d’affaires avec recours aux instances prévues en la matière et non au tribunal administratif. En effet, le salut du gouvernement dépend exclusivement de son aptitude à plaider la sauvegarde de l’intérêt général face à une structure privée portée sur le gain et le profit. Le pouvoir au service de son peuple contre le capitaliste impitoyable, cupide et arrogant.

Ce n’est pas la première fois qu’on retrouve cet antagonisme entre intérêt général et intérêt particulier surtout dans les discours politiciens. La posture de sauveur de la veuve et de l’orphelin fait toujours gagner quelques sympathies. Cela n’empêche qu’on se pose la question de savoir si les intérêts de plus de 600 travailleurs ne font pas partie de l’intérêt général. Moi qui croyais naïvement que les intérêts de la nation ne sont rien d’autres que la somme des intérêts individuels. Et que chaque citoyen dont l’emploi est menacé est une préoccupation nationale. Plus encore, tout citoyen dont la société est en difficulté devrait être un souci pour le gouvernement. En confortant chaque citoyen dans la jouissance de ses droits et de ses intérêts, ce n’est que le tissu national qui s’en trouve ainsi conforté. Tout perdant dans ce contentieux entre le gouvernement et Bénin Contrôle serait Béninois.

Néanmoins, il y a bien une mission à la charge du gouvernement autrement plus utile pour la nation que la traque d’une société privée béninoise. Elle consiste à suivre de près la destination de tous les milliards glanés dans le cadre de l’exécution du Pvi. Il suffit de s’assurer que tout l’argent gagné dans le port reste dans le pays et est converti soit en salaire, soit en fonctionnement ou soit en investissement. De sorte que les fonds ne quittent pas frauduleusement le territoire national. Tant que l’argent sert le Bénin et les Béninois, en quoi les intérêts nationaux sont-ils menacés ?

Tous des Béninois : Yayi, Talon et les employés menacés de chômage !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1085-interet-general-contre-interet.html

Messages

  • Bon édito Arimi. Au même moment qu’il faut que nous privilégions l’intérêt général, il ne faut tout de même pas détruire les acquis à en croire l’illustre économiste PARETO. A priori, on a tendence à croire qu’il vaut mieux sacrifier 600 emplois pour préserver l’intérêt de 7 millions d’âmes. Encore faudrait-il nous assurer que les tentatives du gouvernement sont destinées pour la nation et non pour le mieux être de nos gouvernants. Mais des interrogations se posent sur ce sujet.
    Quelles étaient les obligations de chaque partie contractante ?
    Ont-ils rempli mutuellement leurs devoirs avant le déclenchement des ostilités ?
    Qui n’a pas rempli sa part du contrat ?
    Permettez-moi de vous dire en toute honnêteté que beaucoup de constats militent en défaveur du gouvernement.
    Primo, depuis l’avènement de Yayi, quel dossier de malversation a-t-il pu combattre sans qu’on y décelle les magouilles et mauvaises gestions soit de lui-même ou de l’un de ses collaborateur ?
    Secondo, tous les dossiers brûlants de l’heure concerne le même promoteur comme si le vrai problème se situe sur sa personne. Dans pareils circonstances, on se rappelle la façon dont le député ISSA SALIFOU avait été embêté.
    Tierco, la raison pour laquelle l’AIC a été suspendue se résume sur les manigances faites avec WABCO pour enterrer 3 milliards des fonds du contribuable. Tenez-vous tranquille, les herbicides et engrais mis en place à ce jour pour le compte de la campagne 2012-2013 sont des intrants datant de 2001, et donc des intrants périmés. Vous pouvez le vérifiez. Ainsi la refondation suit son cours normal.
    Enfin, vous connaissant Arimi, je suis sûr qu’en écrivant cet édito, vous avez voulu éviter d’être considérer comme ceux de CANAL 3 BENIN qui sont traité comme médias opposant. Mais, je vous dirai que tôt ou tard la lumière jaillira.