Pire que le colon blanc ???

mercredi 27 juin 2012 par Arimi Choubadé

Sales temps pour la coopération entre la Chine et le Bénin. Nos ancêtres les Gaulois seraient en train d’être remplacés par nos ancêtres les Mandarins. Sortir de la colonisation française pour s’offrir, pieds et poings liés, à celle chinoise, en l’espace d’un cinquantenaire. La rumeur et les soupçons se sont transformés en une clameur publique et même en un combat contre une nouvelle annexion dont le très respectable syndicat du ministère des Transports et des travaux publics se fait le chantre. Tout ça à partir de deux événements malheureux : un pauvre hère froidement abattu d’une balle dans le dos sur un chantier de route à Nikki et un proche collaborateur d’un ministre roué de coups sur un autre chantier à Akassato, des actes commis par des Chinois, sur le territoire béninois. Et tout finit par remonter en surface : diktat mandarin lors de la conclusion et l’exécution des travaux d’infrastructures ; mépris et la maltraitance des ouvriers nationaux ; opacité des procédures de contrôle sur les chantiers ; renchérissement des coûts de réalisations des ouvrages ; imperfection ; arrogance vis-à-vis des autorités béninoises ; impunité ; rachat tous azimuts de terres cultivables… De quoi provoquer le courroux du très médiatique Jacques Ayadji et de ses camarades de syndicat.

La Chine et l’illusion d’une coopération prétendue avantageuse en procès. Déjà s’exhibe l’épouvantail d’une nouvelle « colonisation » après celle qui s’est achevée au siècle dernier. Ce qui suppose le passage bientôt aux travaux forcés, l’introduction de l’enseignement du mandarin dans les programmes d’études (le sujet est déjà au programme sur la télévision nationale en attendant qu’il ne devienne une langue de travail obligatoire pour tout citoyen), la définition d’une nouvelle nomenklatura administrative adaptée, la nomination de généraux chinois à la tête de l’armée béninoise et pourquoi pas celle d’un vice consul au dessus du chef de l’Etat. En tout cas, les auteurs de la croisade anti-Chine y croient dur comme fer. Selon eux, la partie béninoise a déjà avalé suffisamment de couleuvres sans réagir. Et sans une sonnette d’alarme retentissante, estiment-ils, la tendance décriée pourrait se consolider.

C’est le lieu de se demander si le procès devrait être celui de la Chine ou celui de l’administration béninoise. Jusque là, la souveraineté est détenue par les autorités légitimes du Bénin. Tout se passe sur la base de signatures réciproques. Surfacturation, malfaçon, impunité, violation du code du travail, passe-droit et autres déviances commis sur le territoire national par n’importe quel coopérant, quelle que soit sa nationalité, relèvent de l’unique responsabilité du gouvernement béninois. C’est lui qui détient la haute main sur la diplomatie et les relations avec l’étranger, son domaine réservé. Et s’il est vrai que le processus en cours vise une nouvelle « colonisation », il faut dire que le chemin à parcourir est encore très long pour les éventuels colons. Il ne suffit pas d’accorder quelques prêts fantaisistes pour espérer prendre possession d’un Etat membre du conseil de l’Entente, de l’Uemoa, de l’Ua, de l’Onu et de plusieurs autres machins internationaux.

Il est également question d’acquisition de plusieurs terres par des étrangers en l’occurrence des Chinois. En dehors de son caractère fantasmagorique, l’achat de terre par un étranger ne saurait constituer un acte aussi grave comme le prétend la vindicte en cours. Les terres concernées demeurent intégrées au territoire national et jamais ne seraient transportées en Chine ou ailleurs. Ce sont des citoyens qui ont décidé de jouir du droit d’aliénation de leurs propriétés en vendant leurs biens contre « juste » compensation. La faute à qui si les autochtones ne trouvent aucune autre utilité à ces domaines que de les vendre à des étrangers ?

En attendant, nos ancêtres demeurent les Gaulois et non mandarins !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1096-pire-que-le-colon-blanc.html

Messages

  • Comme qui dirait : "les femmes qui me disent non aujourd’hui sont plus belles que celles d’avant" Le deuxième mari nous maltraitera sans doute "mieux" que le premier, mais au moins, il a plus d’argent ! Et encore, il ne nous fera pas de leçon de démocratie ou de droit de l’Homme. L’Afrique maltraitée, mais émancipée ! Pauvre "à fric" !