De la « main tendue » au dialogue national…

mercredi 4 juillet 2012 par Arimi Choubadé

Avant que le dialogue national ne soit, la main tendue fut. La Marina devrait s’en souvenir bien souvent. De cette période post-K.O électoraux où le navire Bénin a manqué, de peu, de s’embraser. La proclamation nocturne de Robert Dossou avait du mal a passé. Un vainqueur proclamé d’un côté, un vainqueur autoproclamé de l’autre. Ailleurs, pareille dualité a provoqué de dramatiques étincelles au Togo, au Congo démocratique, au Gabon avec son lot de troubles, de morts, de désolation et de misère. L’histoire de la « main tendue » a commencé dans cette ambiance d’incertitude et de psychose. Beaucoup y voyaient une « main » de la fraude, d’urnes sans scellées, de liste électorale introuvable, de répressions de manifestations, bref la main de toute la polémique électorale. Un célébrissime blogueur parlait du « courage » de ce seul leader, Léhady, à avoir accepté de tourner la page ; certains parleraient de folie. A l’exercice, ce fut un acte stabilisateur de la situation sociopolitique. Une sorte de prémices du brise-glace à l’origine de la rencontre Yayi-Houngbédji à la présidence de la République.

Mais avant d’en venir à la normalisation des rapports entre les différents acteurs de la vie publique, avant que Houngbédji ne redevienne fréquentable par Yayi, Nago et tout le reste de la mouvance présidentielle et avant que les opposants ne reconnaissent enfin le locataire de la Marina comme un compatriote comme les autres et non le diable haïssable, il y a eu au moins une année d’exercice de la « main tendue ». Un an que la Renaissance du Bénin a décidé de renforcer une équipe en quête d’un second souffle. Pour une fois, il ne s’agissait pas d’un transfuge qui rallie l’ennemi sans l’onction de sa base ; c’est toute une force politique, de loin la plus importante de la majorité présidentielle qui répond à l’appel de la refondation ; tout un groupe parlementaire (9 députés). On pensait logiquement à une nouvelle orientation de la gouvernance en cours depuis un quinquennat. Peut-être alors le socle autour duquel devrait être bâti la cohésion gouvernementale. A défaut de la coordination de l’équipe, au moins une représentativité proportionnelle, le noyau de base.

Un an après la « main tendue », on en est toujours à un seul portefeuille ministériel sur les 26. Un ministre de l’ouverture qui a dû batailler dur durant 8 mois avant de pouvoir introduire quelques proches à lui au sein du cabinet. Les communes de l’ouverture que l’on voyait déjà bénéficier de l’appui massif du gouvernement n’ont guère rien vu venir. Cotonou sensée tirer le meilleur de ce new-deal continue de vivre ses inondations, ses pollutions, ses insalubrités, ses encombrements. La seule image retenue de la nouvelle collaboration entre l’hôtel de ville de Wologuèdè et le gouvernement reste les larmes arrachées au maire Nicéphore Soglo lui-même par l’implacable déguerpissement des populations sur la berge côtière. Un véritable chaos à Xwlacodji, mettant le seul ministre de l’ouverture presque en porte-à-faux avec son parti d’origine.

Pour l’heure, les Béninois découvrent les capacités d’avaleuses de couleuvres de la Rb même si ses responsables continuent d’affirmer qu’aucun processus de remise en cause de l’acceptation de la main tendue n’est à l’ordre du jour. En effet, les conjectures autour du dialogue national récent entre l’opposition et le pouvoir semblent reléguer au second plan le dessein initial à l’origine de la venue de la Rb. Houngbédji est bien à sa place d’opposant et le revendique ; il ne souhaite et ne désire rien apporter à l’équipe de Yayi en dehors de lui mener une opposition moins orageuse et moins polémiste. Par contre, les renaissants ont tout sacrifié sur l’autel de la pacification du pays.

Chacun devrait assumer ses choix !!!

Par Arimi Choubadé
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