Comment s’appelle la crise béninoise ???

vendredi 6 juillet 2012 par Arimi Choubadé

Politique ? Économique ? Sociale ? Agricole ? Qu’un seul d’entre les innombrables experts de l’appareil de la refondation vienne nous expliquer de quoi il s’agit. Elle serait économique si l’on se réfère au mobile évoqué pour justifier la sobriété décrétée autour des festivités marquant l’an 52 de la fête nationale. Motus et bouche cousue, par contre, sur les origines de cette prétendue crise économique. En Europe, c’est de notoriété publique que la zone Euro peine à emprunter sur le marché financier mondial. Coupures de presse, débats, réunions, traités, plans d’austérité, tout est mis en branle afin d’édifier l’opinion européenne et mondiale sur les difficultés du moment et leurs causes. Il parait que les Grecs ont truqué leurs comptes des années durant à l’insu de leurs partenaires. Des dizaines de milliers de fonctionnaires auraient été recrutés sans que cela n’apparaisse dans ses fichiers, plusieurs citoyens auraient été dispensés d’impôt et autres taxes, des années de déficit ne figureraient pas dans les comptes de l’Etat grec. À la fin, Athènes ne parvient plus à emprunter sur le marché financier international pour accompagner ses programmes de développement. A la découverte du pot-aux-roses, ses partenaires européens ont exigé qu’une punition collective soit infligée à ce dissimulateur avéré ainsi qu’à tous les autres fraudeurs de la zone. Là-bas, le débat se fait donc sur la place publique et chaque gouvernement dévoile son train de mesures devant le peuple souverain.

Même tollé planétaire lors de l’effondrement du système bancaire en 2008, à partir des Etats-Unis d’Amérique. Aucun mystère n’a été fait autour de la manière dont les dirigeants des plus grandes banques se sont sucrés sur le dos de leurs clients en s’octroyant de mirobolants salaires et avantages. Le public a eu droit à des détails sur comment des citoyens nord-américains et européens se sont surendettés par le truchement de mécanismes surévalués. L’Etat s’est retrouvé dans l’obligation de renflouer les caisses de ces banques par de l’argent du contribuable afin d’éviter la banqueroute généralisée. Des mesures qui ont eu leur effet et qui ont permis aux places boursières de reprendre des couleurs et aux banques de se donner une nouvelle jouvence.

Mais au Bénin, personne n’est en mesure de dire comment est survenue la prétendue crise. Il n’y a pas eu effondrement de système financier puisqu’il n’en existe d’ailleurs pas vraiment, le pays était assujetti à une monnaie ne lui appartenant pas. Aux dires de nos princes, le budget national a toujours été élaboré et exécuté dans les règles de l’art, pas de recrutements fantaisistes, pas de dispenses d’impôt et de taxe à des amis, le coton connait un boum inespéré, le port enchaine avec les réformes, la diplomatie carbure fort à travers l’obtention de la présidence en exercice de l’Ua. Comment serions-nous alors en crise économique ? Qu’on ne parle surtout pas des effets induits de la crise en Europe ! Les risques de perturbations des financements extérieurs ne peuvent porter que sur des projets à long terme qui ne sauraient provoquer des répercussions immédiates. Cela ne devrait pas affecter le paiement des salaires, le fonctionnement de l’administration ou l’apurement des dettes dues aux prestataires nationaux. D’où vient alors la crise économique ?

Le rapt massif des épargnes des ménages par les faux placeurs d’argent sous le premier mandat de Yayi ne peut même pas être évoqué puisque son gouvernement dit travailler à régler le problème. Peut-être est-ce le but du forum économique d’éclairer les Béninois sur ce qui serait à la base du mal vivre des citoyens ? Parce que si jamais la crise n’était pas économique et qu’elle était plutôt politique ou liée à la gouvernance, le forum tel que libellé pourrait passer à côté. Attention alors à une crise sociale généralisée !!!

Toute la vérité, rien que la vérité !!!

Par Arimi Choubadé
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