Pitié ! Ne parlez plus d’indépendance !!!

mardi 31 juillet 2012 par Arimi Choubadé

Il doit exister une meilleure formule autre que ce mot pour traduire la situation réel du Bénin depuis le 1er aout 1960. Une fête païenne, c’est sûr ; une fête nationale, peut-être ; une fête mondaine sans doute ; mais surtout pas une fête d’indépendance. Les premiers qu’on devrait plaindre dans cette hérésie collective ce sont les prétendus experts en économie monétaire exerçant au Bénin. Eux qui n’ont jamais vu comment on fabrique un billet de banque de leur vie enseigne à des étudiants la monnaie et l’économie. Un petit bourg comme la Gambie recèle de plus d’experts, de vrais, en sciences de gestion d’une économie nationale que tous les 14 Etats utilisant le Cfa réunis. Pas étonnant que la vie dans ces dominos (de la banque de France) rime avec coup d’Etat, instabilité, misère, pauvreté, fraudes électorales, tripatouillages de constitution. Le poids économique du Bénin sur le marché international est déterminé par le maître à gérer nos ressources et devises. Rien que cela nous prive du droit de pérorer et de gesticuler chaque 1er aout.

Certains parlent même d’accession à la souveraineté internationale juste parce qu’on a permis à Hubert Maga de lire un discours « convenu » un 1er aout, de se faire appeler Président de la République, de nommer quelques copains dans une équipe appelée « gouvernement », de s’offrir une place à l’assemblée générale de l’Onu ou de faire partir du syndicat des privilégiés de l’Ua. Une diplomatie « indépendante » obligée d’aller implorer la France pour faire partie du nord Mali quelques gueux enturbannés. Tout le monde a vu l’alignement sans dissonance aucune de toute l’Afrique francophone (en dehors de l’Algérie) lorsque l’envie a pris à Sarkozy de déloger le guide libyen, Mouammar Kadhafi sous les bombes de l’Otan. Y compris ceux qui courraient régulièrement à Tripoli pour régler des fins du mois difficiles pour leurs fonctionnaires. La diplomatie de l’alignement a fonctionné à merveille.

On a bien compris que rien ne peut se faire au nord Mali sans le maître à penser diplomatique et économique. Même pour se rendre au conseil de sécurité de l’Onu, Paris est devenu le passage obligé. Les Béninois sauront d’ailleurs apprécier le pied de nez du nouveau ministre des Affaires étrangères français, Laurent Fabius qui achève une tournée dans la sous région sur le sujet. La ballade du prince l’a conduit au Niger, au Burkina, en Mauritanie, au Sénégal ; il s’est même permis une digression au siège du collectif « y a en marre » à Dakar, un groupe d’artistes et d’activistes anti-Wade. Cotonou où se trouve le président en Exercice de l’Ua a été royalement ignoré au cours du périple. La diplomatie par ordre à plein régime.

On pourrait faire une incursion sur d’autres sujets au choix comme par exemple le sort réservé à la Liste électorale permanente informatisée (Lépi), ce chef d’œuvre de la gouvernance parfaite, le fichier électoral supposé en usage pour les élections au Bénin mais détenu par nos amis « bailleurs de fonds ». Ne parlons pas de la défense nationale lorsqu’on sait que le Quai des Orfèvres à Paris détient plus de précision sur l’effectif des troupes, l’état de l’armada et le budget de l’armée béninoise que le QG du camp Ghézo à Cotonou ; aucun officier ne peut prétendre assurer d’importantes fonctions au sein de cette armée sans passer par une école dans l’hexagone. De l’enseignement dont l’essentiel des orientations (programmes, financements, réformes) vient d’ailleurs. Quelqu’un pour nous donner le nom du dirigeant béninois qui a eu l’idée que les paysans locaux produiraient désormais du coton en abondance, si ce n’est, là encore, le diktat du maître à penser. Au Sénégal tout près de nous, le tuteur colonial a pu provoquer l’assimilation et la dépendance en remplaçant le mil par le riz. Depuis 52 ans qu’ils prétendent être indépendants, la tendance est demeurée intactes dans les assiettes des sénégalais. Le maître veille au grain. Il y a donc pire que l’assujettissement aux injonctions de la Fifa sur le foot national.

Bonne fête et que l’égarement continue mais surtout ne parlez plus d’indépendance !!!

arimi choubarim

Par Arimi Choubadé
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