Trop de secrets dans la République…

mercredi 29 août 2012 par Arimi Choubadé

De plus en plus nombreux, les boutons atomiques en divagation au sein de la République. Azannaï qui agite des secrets capables de foutre la merde dans tout le pays. Avant lui, son « frère jumeau », Epiphane Quenum avait lâché en plein hémicycle être détenteur de terribles secrets dont la divulgation aurait eu le même effet ravageur. Plus sulfureuses, les envies de déballages refoulées du truculent Rachidi Gbadamassi ou d’un autre excité Lucien Mèdjico qui revendique avoir enterré des choses en compagnie de certains anciens « amis » avec en prime un exposé macabre sur sa fameuse technique de plongée sous-marine consistant à jeter tout opposant à la mer avec une brique attachée au cou. Plein d’autres rentiers proclament partout détenir suffisamment de trucs dont la divulgation pourrait chambouler tout l’édifice républicain. Dieu merci ! Pour le moment, les secrets tiennent encore et la République est toujours debout quoique claudicante sous le poids de la misère et des crises à répétition.

Le problème, c’est que même sans être dévoilé ces prétendus secrets pourrissent la vie publique nationale. On se demande d’ailleurs pourquoi leurs prétendus dépositaires en font cas sur la place publique sans jamais pouvoir aller au bout. Ont-ils conscience qu’en se livrant ainsi lors d’envolés lyriques débridés, ils enlèvent au secret tout son caractère mystérieux et inaccessible ? Que reste-t-il d’un secret dont l’existence est dévoilée en publique ? Il devient une simple information puisqu’on connait désormais le détenteur et la matière sur laquelle cela porte. Tous les Béninois savent désormais que le député Azannaï est porteur de quelques indices croustillants, inconnues du grand public, sur la tristement célèbre Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Quant à la dangerosité de ces informations, seul leur receleur sait de quoi il parle. Pas étonnant ces manifestations sporadiques en terre de vaudou, réceptacle naturel de mystère, d’occultisme, de tabou et de non-dits.

Il y a, par contre, un secret jalousement gardé par tous les rentiers politique du pays, toutes générations confondues : l’origine de l’argent de la propagande électoraliste. Dans leurs fougues les plus osées jamais Quenum, Azannaï, Gbadamassi, Mèdjico ou autres fous de la République n’ont jamais tenté de soulever le moindre coin de voile sur comment ils parviennent à financer escapades, meetings, marches de soutien, campagnes électorales, foyers de militants, courtisans ou concubines. Il a fallu le 1er aout 2012 pour que Yayi lâche quelques tuyaux sur comment des députés se font « arroser » ou « mouiller » pour faire échouer des réformes au parlement ou pour organiser des conférences de presse « tarifées ». Personne n’en saura davantage sur les mécanismes et les autres menus détails. Pourtant les citoyens veulent savoir si c’est grâce aux salaires ou à l’argent honnêtement gagné que se font les distributions gratuites de tee-shirts, de casquettes, de kg de riz, de bidon d’huile végétale ou de jeton de présence à la veille des scrutins.

Dieu seul sait le nombre de centaine de millions voire de milliards sont déversés dans le pays à chaque consultation électorale : source première de la corruption de tout l’appareil. Le secret est si bien tenu qu’il est presqu’impossible de rétablir avec exactitude la part des trafics en tout genre (devises, drogues, stupéfiants, restes humains), des détournements de deniers publics, des marchés publics frauduleux dans l’entretien des officines politiques. Le pays gagnerait donc à ce que les prochaines révélations ou menace de révélations portent sur qui donne l’argent à qui pour faire campagne ; des détails sur le genre de compensation et les modalités convenues. Avis aux plus courageux parmi eux pour qu’enfin la vraie lutte contre la corruption et pour la moralisation de la vie publique puisse commencer.

Un appel aux couilles et non aux paroles…

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1117-trop-de-secrets-dans-la-republique.html

Messages

  • Non satisfaits des sources occultes de financement des marches, conférences de presse, meetings et autres manifestations politiques, les politiciens veulent en
    ajouter une autre plus officielle : Loi sur le financement
    des partis politiques ! Alors que l’École publique n’est
    encore pas assez financée et que l’école privée n’est
    pas du tout soutenue !!!!