Coup de feu n’est pas béninois !!!

mercredi 26 septembre 2012 par Arimi Choubadé

Place à la guerre dans l’Azawad ! Fini les palabres, les hésitations, les calculs, les conciliabules. Il parait que les canons sont désormais armés et prêts à cracher sur ordre de Ban Ki-Moon. La Cedeao pourrait déployer des troupes combattantes sur le territoire malien avec la mission ferme de déloger le conglomérat de rebelles, d’aventuriers, de trafiquants, de mollahs maitres du nord depuis plusieurs mois. Du feu en perspective au Sahara. Bonne nouvelle cependant pour les Béninois : aucune présence signalée de soldats en provenance de Cotonou. Géniale, la solidarité, l’intégration sous régionale, la lutte contre l’intégrisme et le terrorisme international mais pas au point d’envoyer ses enfants mourir au cours d’une guerre dans laquelle ils n’ont, a priori, rien à y faire. Il ne suffit pas de prétendre qu’à des milliers de kilomètres à la ronde, nul n’est à l’abri de la nébuleuse des coupeurs de main et des lapidateurs de Gao ou Tombouctou pour que Yayi envoie les siens. Ces derniers ignorant d’ailleurs tout de la guerre du désert, ou de la guerre tout court, ne serviraient que de chairs à canon à des fous de dieu vivant au milieu du sable mouvant comme poisson dans l’eau.

Au-delà de la belle prose sur les vertus de l’intégration sous régionale on voit bien que chacun est allé dans ce dossier tout en ayant les yeux rivés sur ses intérêts et considérations personnels. Parlons des pays pourvoyeurs de troupes. En première ligne la Côte d’Ivoire dont le régime doit tout à l’interventionnisme militaire international sans lequel Gbagbo n’aurait jamais pu être délogé de son palais d’Abidjan. Il ne déplairait pas non plus à Ouattarra de dégraisser son armée pléthorique lestée par l’enrôlement d’anciens rebelles aujourd’hui réduits à l’oisiveté et excités par des courants de revendications tous azimuts. Ensuite, le Burkina Faso, logiquement sur la liste de départ du fait de sa proximité avec le Mali mais surtout de la stature de médiateur incontournable de tous les conflits ouest-africains qu’assume Compoaré depuis près de deux décennies.

Dans ce registre de la proximité se trouve le Niger, lui aussi confronté à un intermittent irrédentisme touareg dans sa partie septentrionale. Aller faire le coup de feu contre des fondamentalistes en provenance de la Libye post-Kadhafi sur le territoire malien est presque une question d’autodéfense pour le gouvernement de Niamey. Avant même la prise de contrôle de l’Azawad par les mollahs enturbannés, les troupes nigériennes y avaient déjà fait des incursions parfois avec l’aide des troupes régulières du voisin sur la piste d’otages occidentaux enlevés au Niger. Le Sénégal pourrait également craindre une jonction entre sa propre rébellion en Casamance avec le foyer en éruption dans le Nord Mali. Idem pour le Nigéria très soucieux des collusions entre islamistes du Nord-Nigéria et ceux de l’Azawad. Abuja ne pouvait prétendre jouer la superpuissance sous régionale et rester en marge d’une intervention militaire sous l’égide des Nations-Unies dans sa zone d’influence.

Mais il n’y a pas que des pays démunis et géographiquement éloignés du Mali qui comptent parmi les absents au front. La France puissance tutélaire craint qu’une présence au sol ne se solde à la décapitation pure et simple pour ses otages déjà détenus dans le Sahara. La Mauritanie et l’Algérie redoutent une opération sans lendemain avec des risques d’excroissance des groupes mafieux dans toute la région à l’instar de ce qui s’est passé en Libye, en Irak ou en Afghanistan. Pire, le silence de carpe observé par les autres puissances planétaires disposant du droit de veto au conseil de sécurité de l’Onu qui feignent d’ignorer qu’il se passe quelque chose dans le Sahara. N’oublions pas dans le lot des réticents, les officiers politiciens maliens hostiles à toute intervention extérieure de peur de perdre le contrôle de leurs bureaux climatisés de Bamako.

Courage aux engagés au front de l’Azawad !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1125-coup-de-feu-n-est-pas-beninois.html