Tous au secours de l’école béninoise ???

vendredi 28 septembre 2012 par Arimi Choubadé

La saison des déclarations d’amour pour l’avenir de la nation. Un rituel immuable à la veille de chaque rentrée scolaire et universitaire. L’édition 2012-2013 ne saurait échapper à ce concert de béguin exprimé sur l’école et son devenir. Enseignants, parents d’élèves, gouvernement, tous en chorus sur la nécessité de sauver les enfants d’une perturbation des activités académiques en cours d’année. En entendant le recours aux chefs traditionnels, notables, autorités religieuses, rentiers de la société civile en cas de menace persistante sur la reprise. Plus personne ne devrait s’inquiéter du sort du système éducatif avec l’engagement proclamé de tous ces acteurs au chevet de l’école. Au grand bonheur de l’enfant béninois en milieu scolaire supposé le plus aimé, le plus protégé et le plus suivi au monde. Pourtant, les années scolaires se suivent avec des grèves plus sauvages, brutales, traumatisantes et néfastes sur le cursus d’une jeunesse prise en otage par ses sauveurs présumés.

Revenons à l’édition 2012-2013 engluée, comme ses prédécesseurs, dans une de ses hypocrisies dont seuls les acteurs sociaux béninois ont le secret. En référence au forcing observé de part et d’autre pour rouvrir les écoles. Renversant ! Tout le monde connait le contentieux susceptible de relancer à nouveau la chienlit à savoir les défalcations sur salaire pour fait de grève. Les enseignants feignent de ne pas entendre les complaintes du gouvernement à propos des difficultés de trésorerie de l’argenterie nationale et qui ne permettent pas d’opérer les remboursements réclamés. A l’opposé, le gouvernement feint de ne pas entendre que plusieurs organisations syndicales font de la rétrocession des parts de salaire défalquées un préalable à toute reprise apaisée et non assortie d’ultimatum des cours.

Comble de ce cirque d’hypocrisie lorsqu’on se réfère à ce qui tient lieu de représentativité des parents d’élèves. Une bande de profiteurs versés dans un discours totalement décalé sur la nécessité d’une relance des activités académiques coute que coute. Incapables qu’ils sont de dire à chaque protagoniste sa part de responsabilité sur le dossier. Leur posture de mormon (ni oui, ni non) en rajoute à la pagaille en préparation. Difficile de savoir s’ils sont convaincus par les arguments du gouvernement sur le tarissement des ressources de l’Etat face aux revendications. Auquel cas, ils devraient expliquer aux grogneurs de renoncer une fois pour toutes à ces rétrocessions de parts de salaire puisque les caisses de l’Etat ne le supporteraient pas. Soit, ces parents d’élèves en arrivent à la conclusion que les enseignants ont raison et que la satisfaction de leur exigence est obligatoire. Dans ce cas, le gouvernement devrait, dans l’urgence, solder ce différend au plus grand bonheur de l’école en agonie afin qu’on puisse passer à autre chose. Mais nos chers parents préfèrent surfer sur une logique de tromperie : ne rien voir, ne rien entendre, ne rien comprendre, pourvu que les cours reprennent !

Du côté des groupes tampons (religieux, chefs traditionnels, société civile), l’heure est plutôt à l’attentisme calculé. Occupés à préparer la rentrée scolaire dans des écoles où ils détiennent des intérêts propres (écoles confessionnelles ou associatives), ils n’ont ni le temps ni l’envie d’intervenir. On ne les verrait qu’à la veille lorsque le péril serait imminent. Il leur suffit alors de joindre leurs pressions insidieuses à celles du réseau opportuniste des parents d’élèves juste pour que les enseignants retrouvent le chemin de l’école. Sachant qu’en sauvant le démarrage effectif et officiel des cours, se sont les écoles confessionnelles et ou associatives qui rouvrent, la conscience tranquille. A travers toutes les postures développées plus haut, on a du mal à identifier très clairement le véritable chantre d’une école au service de la jeunesse et de l’avenir.

Et pourtant ils sont tous fous amoureux de l’école béninoise, parait-il !!!

Par Arimi Choubadé
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