Que ceux qui n’ont jamais transhumé lui jettent la pierre !!!

mardi 9 octobre 2012 par Arimi Choubadé

Issa Salifou ou le péché suprême, proie facile de tous les moralisateurs autoproclamés, auteur de la traitrise du siècle pour s’être livré avec « armes et bagages » au grand Satan de la refondation. Ça n’arrête plus de conjecturer sur la déclaration de Issa Salifou du 6 octobre 2012 au domicile de son « oncle » maternel à Abomey. Un crime de lèse-opposition passible de la vindicte la plus impitoyable. Encore que les seuls faits d’opposants connus à l’homme furent ses avertissements à Me Adrien Houngbédji à propos des tendances de ce dernier à s’allier au pouvoir Yayi, en marge du récent congrès du Madep à Pobè. Par contre, tous ses autres actes le rapprochent beaucoup plus de la Marina qu’ils ne l’éloignent : son parti l’Upr ne s’est jamais déclaré de l’opposition ; sa présence en personne à l’investiture du chef de l’Etat après le K.O électoral alors que les autres opposants avaient boycotté l’événement ; sa présence aux côtés de Dayori lorsque ce dernier était allé faire allégeance à Yayi au palais.

Il ne suffit pas d’avoir brûlé des pneus devant le siège de la télévision Canal 3 pour prétendre y dicter la ligne éditoriale. Les fans qui avaient pris d’assaut les lieux au lendemain de la désactivation de ses équipements de Calavi par l’ex-Dg/Ortb, Julien Akpaki ont manqué de joindre le geste qui sied à pareille mobilisation. Devrait s’ensuivre, en toute logique, une souscription populaire afin d’éponger toutes les dettes dues à l’Etat et qui pourraient servir éventuellement de boulet en cas de prolongation du bras de fer décrié. Mais chacun est retourné à son foyer s’occuper des siens laissant le pauvre se saigner davantage pour soutenir un effort de guerre visiblement au dessus de ses forces. Il n’est un secret pour personne que si les ministres, les membres d’institution acquis à la mouvance et les autres structures étatiques devraient boycotter Canal 3, la chaine allait fermer d’elle-même au bout d’un mois. En fait, Saley ne mérite d’être un héros qu’à la seule condition d’accepter de subir tout seul, lui et ses « petits » mousquetaires de « Actu matin ». De toutes les façons il n’est pas encore trop tard. Il n’hésiterait certainement pas à reconsidérer ses positions si quelqu’un était prêt à lui verser les quelques milliards de dettes qui le font courir. Encore heureux qu’il n’ait pas choisi d’aller faire allégeance à des trafiquants colombiens pour se sortir d’affaire grâce à l’argent du crime.

Une illustration de plus des effets de l’absence du financement public des partis politiques. Tout comme Canal 3, l’Upr est une propriété privée de Issa Salifou qui en use à sa guise. Il n’aurait jamais décidé de saborder son parti s’il n’en était pas l’exclusif financier. Les moralisateurs se donnent le droit de porter des jugements sur les orientations du parti alors qu’ils n’y ont jamais mis un kopeck. Si l’Upr leur était aussi cher, ils auraient fait de son président, actuel locataire de la Marina lorsqu’il s’était porté à la candidature à l’élection présidentielle de 2011. Sans la législation sur ce financement public créateur d’un lien entre le citoyen et les partis politiques représentatifs ; tant et si longtemps que la République du Bénin continue à observer un tel mépris vis-à-vis de l’argent servant à animer la vie publique on ne peut prétendre y espérer la moindre considération d’ordre moral ou éthique.

Ces événements confirment chaque jour davantage que nul n’est assez riche pour entretenir éternellement un club électoral sur le modèle de ce qui tient lieu de parti politique au Bénin. Avant Saley, d’autres se sont cassé la dent à force de jeter de l’argent dans la propagande politique qui n’a rien d’une activité lucrative. Même la perspective de pouvoir profiter des marchés publics, d’arrangements ou de manipulations avec le trésor public s’est révélée extrêmement éphémère. Le promoteur de Canal 3 et de Bell-Bénin peut se rendre à l’évidence que les positions politiques d’un moment M ne sont pas forcément les mêmes que celles d’un moment M1. Riche et puissant sous Kérékou ne veut pas dire riche et puissant sous Yayi.

Que celui qui donne l’argent à l’Upr jette la pierre à Saley…

Par Arimi Choubadé
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Messages

  • Et voilà la transhumance légitimée en attendant que le financement des partis politiques ne soit assuré par les pouvoirs publics ! Non, je crois qu’on peut ne pas accabler Saley de tous les mauvais noms mais il ne faut pas le louanger non plus, faut pas le caresser. On peut choisir de se taire sur le sujet. L’accrobatie que vient de faire Saley ne devrait pas être encouragée. La transhumance, quelle vienne de l’opposition ou de la mouvance ne devrait pas être si facilement justifiée. Une transhumance reste une transhumance, rien de plus !

    • @Ganfon - Je suis à 100% d’accord avec vous.
      Être avec le peuple suppose des sacrifices évidents. Et on ne peut pas être sincèrement avec le peuple en le poignardant dans le dos.
      Il n’est certes pas facile d’être "opposant" et homme d’affaires au Bénin. Mais l’acte du Président de
      l’UPR mérite le même qualificatif que celui de ceux qui l’ont précédé. Évitons de soutenir une position qui heurte
      l’éthique élémentaire.C’est là "la république des petits arrangements ... et des grandes connivences". Sur le dos du peuple.