Obama était à Accra, Hollande va à Dakar !!!

lundi 15 octobre 2012 par Arimi Choubadé

A chacun son modèle. L’exemple de démocratie en Afrique sub-saharienne selon Obama c’est le Ghana à qui il avait dédié son premier voyage sur le continent de ses origines. Sénégal par contre pour le tout nouveau président français. Deux pays de la Cedeao. La comparaison s’arrête là. Pas facile de trouver mieux au président « normal » de la France dans son champ d’influence. Eh oui ! Le nec plus ultra de l’espace francophone africain c’est un pays où la contestation de la candidature de l’ancien chef de l’Etat, Abdoulaye Wade a couté la vie à au moins 13 citoyens tués dans des violences de rue d’une brutalité exceptionnelle. En un discours devant l’assemblée nationale sénégalaise, le 12 octobre 2012, Hollande à presque absout cette période où la constitution pouvait changer plusieurs fois dans une même journée au gré des humeurs du régent ; des opposants se faisaient cogner dans la rue ; la justice instrumentalisée était envoyée aux trousses des anciens compagnons devenus encombrants. Tout ceci dans un passé d’à peine un an.

Pour revenir à la comparaison, le modèle en « Afrique de la France » a connu quatre présidents en 52 ans : Senghor, Diouf, Wade et Macky. Exactement le même nombre que le Ghana en moins de 20 ans : Rawlings, Kufuor, Atta Mils puis Dramani Mahama. Mais, on l’avait compris, trouver une meilleure destination à l’avion présidentiel français pour la première fois qu’il amène le président « normal » sur le continent noir relevait d’une gageure. Il aurait pu s’offrir Bamako quelques mois plus tôt si l’irrédentisme azawadien n’était venu révéler au grand jour une grotesque supercherie démocratique. Pas judicieux non plus d’atterrir dans une capitale sanguinolente comme Abidjan ou post-Coup d’Etat comme Niamey, Conakry, Nouakchott, Antananarivo. Même agacement si les premiers hôtes devraient être d’anciens putschistes légitimés par les urnes à Brazzaville, Ouagadougou, Ndjamena ou Bangui. Pas question surtout de se retrouver chez des héritiers dynastiques à Lomé, Libreville ou Kinshasa. Encore moins chez le patriarche éternel de Yaoundé. Cotonou aurait pu bénéficier de la prime au pionnier des conférences nationales en Afrique si les stigmates des K.O électoraux de 2011 s’étaient complètement dissipés.

Autre comparaison : le Ghana est en pleine émergence sans tambour ni trompette avec sa croissance à deux chiffres entourés de tous les côtés, plusieurs milliers de kilomètres à la ronde, des « amis » de Hollande qui ne connaissent de l’émergence que les slogans et autres proclamations péremptoires. Face à face, d’un côté, une Afrique qui respire, et de l’autre, une Afrique dans l’impasse malgré le volontarisme enjoué du discours de Dakar d’octobre 2012. Détail très important, Accra n’était pas la seule capitale à la portée de Obama où il pouvait exhiber son attachement aux valeurs de liberté, de progrès et de bonne gouvernance contrairement à son homologue français notamment dans les pays de l’Afrique australe sous l’impulsion du pays de Mandela, l’Afrique du sud (Tanzanie, Zambie, Namibie, Mozambique) qui connaissent de prodigieuses avancées démocratiques et économiques selon de nombreux experts. A l’opposé de l’Afrique de la France.

Il va de soi que le diagnostic de Obama soit le plus pertinent lorsqu’il concluait à Accra que le continent a plus besoin « d’institutions fortes que d’hommes forts » en commençant bien entendu par la première des institution dans toute démocratie, le parti politique. Il s’agit là du premier niveau de réflexion et de conception du projet de société. La France a préféré les réseaux occultes afin de maintenir ses dominos sous son joug. Les Américains sont donc en droit d’insister pour que la France s’implique davantage dans le nettoyage de la merde qu’elle a largement contribué à installer dans le désert malien.

Quand la françafrique menace la sécurité du monde !!!

Par Arimi Choubadé
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