Ça devient très très dangereux !!!

mercredi 24 octobre 2012 par Arimi Choubadé

Moi qui croyait naïvement qu’on entrait en politique parce qu’on avait des idées et des projets. On nous disait même que c’est l’art de gérer la cité et que la démocratie est un jeu destiné à mieux distribuer les rôles, au sein de la République, avec moins d’injustice. Qui pouvait imaginer cette puante rime entre pouvoir, trafics, crimes, drames, terreur, haine et horreur ? Dans un pays où les urnes auraient encore une signification. Avec l’alternance au bout de pilules maléfiques, de médicaments falsifiés, de traitrise, de cabale, de tragédie et de psychose permanente. Une info (vraie ou fausse) au sujet d’un empoisonnement manqué du chef de l’Etat par son cercle le plus proche est extrêmement gravissime pour qu’on ne parle que de ça, tout le temps, partout, même si le doyen Jérôme Carlos aurait souhaité qu’on parle de choses plus comestibles.

Tout cela m’en remet encore une foi à ma nouvelle religion, celle de la politique, la vraie, dans la construction d’un Etat. Les ravages de l’absence de creusets de propositions et de solutions aux problèmes de la nation, les laboratoires d’idées par excellence, c’est-à-dire les partis politiques propriété de la République, crèvent désormais les yeux. Partout où l’art de gérer à disparu, ce sont de macabres expédients qui ont pris le relais. Des mollahs enturbannés qui ont remplacé l’obscurantisme et l’irrédentisme aveugle et abject au Mali ; des fondamentalistes qui répandent la terreur et la désolation sur leur passage depuis deux décennies en Somalie ; des trafiquants et autres dealers qui régentent toute la vie de l’Etat, en Guinée-Bissau. Parce qu’il n’y a pas d’alternative politique. Voilà qu’au Bénin la tragédie au sommet est en train d’être privilégiée au détriment de l’action politique dans l’impasse. Nous éloignant davantage de la conception moderne de l’Etat surtout de l’Etat de droit fondé sur la prépondérance de l’organisation sociale sur l’aventure personnelle. La vie en communauté devrait obéir à des règles établies et mis en œuvre à l’intérieur des partis politiques et non dans les rues, les couvents, les mosquées, les églises, les réseaux occultes, les cercles de familles ou d’amis. Malheur à notre équilibre communautaire si le statut quo devrait se poursuivre et nos destinés à la merci des faits divers de cour aussi triviaux.

Ce qu’on ne dit pas assez, c’est que si le complot s’avérait exact et réussissait, les dégâts ne se limiteraient pas seulement au décès d’un chef de l’Etat en fonction. On a vite fait d’oublier que le pays n’est même pas en mesure d’organiser un scrutin crédible en ce moment précis. Le fichier électoral est si « pourri » qu’on ne peut convoquer le corps électoral à présent sans procéder au préalable à de fastidieux réajustements de l’avis de tous les acteurs. Le pays entrerait alors dans des tumultes dont personne ne peut prévoir l’issue juste pour la soif de vengeance et de fortune de quelques individus. Suspendant la République à de bas instincts dignes d’une nation incapable d’unie ses enfants autour d’un dessein collectif. Ne sommes nous pas le pays dernier de l’une des zones économiques les plus pauvres (sinon la plus pauvre) au monde ?

Un autre signe qui ne trompe pas c’est l’incrédulité manifeste des citoyens face à des actes aussi graves. Au point où le super flic et le procureur de la République près le tribunal de Cotonou en arrivent à se perdre en démonstrations médiatiques au risque d’écorner le secret de l’instruction ou le dossier médical du chef de l’Etat. En considérant, en plus, ce fort taux de criminalité au sommet de l’Etat avec la découverte de plusieurs proches et anciens collaborateurs, parents et amis du chef de l’Etat en conflit avec la légalité en l’espace de quelques jours, cela fait froid dans dos.

La refondation à haut risque…

Par Arimi Choubadé
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