Que fait le policier quand il prend de l’argent ???

lundi 29 octobre 2012 par Arimi Choubadé

Le super flic de Cotonou très amer contre les journalistes qui « prennent de l’argent » et émettent des critiques sur ses esbroufes télévisées. Des écrivaillons corrompus voire incultes, ignorants tout de la magique phrase d’un prétendu grand juriste français : « plutôt périsse un principe que périsse un chef de l’Etat ». Haro donc sur tous ceux pour qui la présomption d’innocence a encore une signification dans l’affaire de tentative d’empoisonnement du président Yayi Boni. Ainsi que sur ceux qui refusent de jeter l’anathème sur les prétendus coupables ou commanditaires désignés avant l’aboutissement des procédures judiciaires. Egalement sur tous ceux qui réclament plus de précision sur les éléments de preuve à propos du degré de toxicité des produits exhibés à la presse et sur les conditions de leur transport sur un vol régulier et dans des aéroports que l’on dit parmi les plus sécurisés au monde. Celui qui ne croit pas aux démonstrations du super flic serait contre lui et partant contre la République et contre Yayi, par ricochet…

Un rappel cependant au grand commissaire central de Cotonou. Nous nageons en pleine crise de confiance où les soupçons les plus graves portent sur des personnes supposées être les plus insoupçonnables : la nièce, le cousin, le médecin (l’officier de l’armée)… et l’ami. Tous auraient renié les principales valeurs sur lesquelles se fondent notre société à savoir la famille, l’origine ethnique, l’honneur, l’éthique, l’amitié au nom de l’argent : 1 milliard par empoisonneur, parait-il. A la liste des comploteurs, le super flic annexe désormais les journalistes achetés. On aurait pu lui retourner l’accusation en se demandant si la police joue vraiment franc jeu dans ce dossier. Ou si une traitrise des proches ne cache pas une traitrise des zélés et courtisans. Les sieurs Abdoulaye Ibrahim, Claude Quenum et compagnie, rackettés tous les jours sur les axes routiers par les agents en uniforme connaissent ce qu’on appelle corruption à la police dont un des représentants se permet aujourd’hui de faire porter le chapeau aux seuls journalistes.

En cas de crise de confiance caractérisée, les suspects ne sont pas à chercher bien loin, soit ce sont les proches dont certains auraient d’ailleurs été démasqués soit ce sont les zélés de service. Ce qui importe pour la victime ce n’est pas la sympathie de l’opinion mais l’établissement des preuves et la mise hors d’état de nuire des présumés coupables déjà connus ou encore en embuscade sous les uniformes, les écharpes tricolores, dans les paroisses, au pays et à l’extérieur. Le rôle de la police n’est donc pas de convaincre téléspectateurs et auditeurs mais juges et jurés. C’est la crédibilité du dossier technique qui pourrait emporter la conviction des juges et non les avis et commentaires de l’opinion ou de la presse (nationale ou internationale). Ce qui intéresse Yayi, c’est sa sécurité et non ce qui se passerait si les empoisonneurs réussissaient leur coup. Car il n’y a pas que le Rwanda et le Burundi à connaitre des tragédies au sommet de l’Etat. Les Usa (Kennedy), Israel (Rabin), l’Egypte (Nasser) l’ont connu également sans que cela ne débouche sur des troubles, des pogroms massifs et des génocides.

Yayi n’a que faire d’une guerre avec les journalistes corrompus ou avec une certaine presse internationale. En cette période où tout le monde suspecte tout le monde, on se demande ce qui justifie cette logique consistant à balancer des infos liées à l’affaire chaque soir sur le Journal parlé de la télévision nationale. Les prévenus pourraient s’en servir afin de mieux préparer leur défense en étant informés des éléments de l’enquête policière. Yayi doit se méfier donc de tous. Du journaliste corrompu, du policier débordant volontairement de zèle ou des chantres du soutien « empoisonné »…

Le diable est dans la maison !!!

Par Arimi Choubadé
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