C’était quoi le vrai scénario empoisonnement ???

lundi 12 novembre 2012 par Arimi Choubadé

Le monde entier a une idée du type de poison (radioactif), des présumés coupables et du (ou des) commanditaire, de la victime, y compris même du mobile du crime (3 milliards de Cfa). Des détails également sur les motivations prétendument liées à un dessein d’apprivoisement des principales filières porteuses de ressources pour le budget national, à en croire d’éminentes personnalités du régime. Demeure, néanmoins, une grosse inconnue au tableau : le scénariste attitré. Quelqu’un a dû concevoir le scénario avec toutes les variantes sociales, politiques, économiques voire internationale de l’assassinat du chef de l’Etat. Je me refuse à croire qu’une opération de cette envergure et de cette gravité ne puisse être déclenchée sans qu’au préalable les auteurs n’aient conçu un plan assez élaboré. Puisqu’il ne suffit pas que Yayi trépasse pour que les motivations présumées connaissent un aboutissement certain. Il aurait certainement eu une enquête internationale et les auteurs démasqués. Surtout que rien n’est venu corroborer une éventuelle collusion entre les auteurs et le principal bénéficiaire du crime (si crime il y a). Au contraire, le président de l’Assemblée nationale dévolu pour profiter de la vacance du pouvoir s’est montré autant affecté par l’affaire du moins dans ses déclarations et postures publiquement affichées.

Selon les éléments de l’enquête divulgués par les enquêteurs, le scénario initial ne se contenterait pas du décès médicalement attesté de la cible. Des messages interceptés entre certains protagonistes de l’affaire feraient état de la suite à donner par la Cour constitutionnelle notamment à propos du constat de la vacance du pouvoir. Ce seul détail permet d’entrevoir d’autres volets. Car si Maturin Nago n’est pas dans la macabre combine, il faudrait bien que la suite du processus c’est-à-dire la présidentielle anticipée soit conforme aux attentes des scénaristes. Dans le cas contraire, lui-même (Nago) ne serait pas à l’abri. Sans oublier que les concepteurs ne pouvaient ignorer que le pays connait actuellement une panne de son processus électoral et qu’il est presque impossible d’organiser le moindre scrutin en l’espace de 40 jours comme le prévoit la constitution en matière de vacance du pouvoir. On n’imagine pas non plus les « empoisonneurs » laisser quelqu’un qui n’a pris aucun risque lors du complot jouir du pouvoir.

Malheureusement, le seul aspect émotionnel a obstrué tous les autres considérations. A peine si les gens s’intéressent sur l’éventuelle existence d’un plan B consécutif à celui mis en échec. Suivant les aspects du dossier d’accusation présentés à l’opinion, il revient inlassablement qu’au-delà de la personne du chef de l’Etat, c’est tout le Bénin qui échappe à une déstabilisation générale. Logiquement, le renforcement des mesures de la sécurité présidentielle devrait être accompagné par d’autres initiatives. Il fallait donc plus que les références marches de soutien et les références à Dieux pour rassurer une population tétanisée par l’annonce de ce qui aurait pu entrainer de terribles événements pour l’ensemble du pays.

En résumé, une clarification s’impose au sujet de la cible réelle. Il importe de savoir si c’est seulement Yayi Boni, personnellement, qui est visé ou s’il s’agit d’un véritable dessein d’accaparement de toutes les richesses du pays. C’est connu que pour éviter à la nation des tourments de ce genre il faut mettre le pays au travail afin de faire reculer la pauvreté, l’analphabétisme et l’ignorance, à l’abri de la bondieuserie bon marché. Mais je n’ai pas l’impression que cet épisode a permis de mettre le peuple au travail, à l’éduquer, à le mettre à l’abri des marchands d’illusion.

Le peuple à la merci des pasteurs et des « rois » sans trônes…

Par Arimi Choubadé
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