Pas d’argent pour aller en Azawad !!!

vendredi 30 novembre 2012 par Arimi Choubadé

En faillite avant même de commencer ; l’expédition sur le nord Mali n’a pas trouvé de bailleurs de fonds. Elle devrait donc se faire attendre. Un mois ? Deux mois ? Un an ? Jamais ? La réponse dépendrait d’éventuels généreux contributeurs qui ne s’empressent pas, pour l’instant, de mettre le moindre kopeck dans ce désert stérile. Tant pis si des gens continuent de se faire lapider ; couper les mains ; des femmes se font violer ou sont réduites en esclaves sexuels ; si toute une région échappe à l’universalisme. Bamako devrait supporter quelque temps encore la perte d’influence sur une grande partie de sa sphère de compétence. Avec le sentiment humiliant de ne pouvoir compter sur aucun ami sur cette planète capable de l’aider à financer l’effort de délivrance de ses populations sous terreur de mollahs obscurantistes.

Je veux bien savoir ce qu’il est advenu de l’empressement, maintes fois renouvelé, des têtes de ponte de la Cedeao à propos du projet de guerre contre les terroristes de l’Azawad. Sommets, discours, pourparlers, ultimatums abondent mais le budget de guerre s’en ne suit pas. Pourtant, généraux, ministres de la défense, chefs d’états-majors se sont relayés dans les médias pour annoncer l’imminence de l’assaut et la fin de l’imposture islamo-affairiste sur le nord Mali. Apparemment, il n’a été question que de placer des pions, occuper des postes, envoyer des troupes mais rien sur comment trouver l’argent. A l’image des missions de maintien de la paix très prisées sur le continent et qui permet de faire gagner quelques subsides à des soldats oisifs, et à des généraux retors de manipuler les frais de mission des ouailles envoyées sur le terrain. Cette fois-ci, crise financière oblige, notamment en Europe, les payeurs traditionnels refusent de se saigner davantage.

Or, le Mali n’est ni la Libye ni la Côte d’ivoire, encore moins la Syrie. Les pétrodollars y sont très rarissimes. Personne pour régler la note des bombes à larguer et de la reconstruction à venir. Pendant qu’on rivalise de générosité envers les rebelles en Syrie, les rétropédalages se multiplient lorsqu’il s’agit du Mali. C’est d’abord le président de l’Union européenne qui douche les ardeurs en ressortant des tiroirs de prétendues difficultés de formation des troupes, de logistique, de délai. Un an au moins, disait Manuel Barroso, pour lever les écueils. Ban Ki Moon lui-même prend le relais le 28 novembre 2012 en parlant clairement d’absence de financement et d’une hypothétique solution diplomatique. En somme l’Onu n’a de l’argent que pour les balades de ses nombreux diplomates constitutifs de l’énorme industrie onusienne de paix budgétivore et très souvent inefficace.

De l’effort de paix au Mali, parlons-en. Juste une sous-traitance de la guerre par le truchement d’un néologisme d’un genre bien spécial. Désormais dans le répertoire de la diplomatie internationale il y existe d’une part les « groupes armés éloignés des groupes terroristes », et d’autre part les « groupes terroristes » tout court. Comprenne qui pourrait ! Au nom donc de ces nouvelles terminologies, le Mnla et Ansar Dine sont admis à négocier à Ouagadougou, à Paris, à Dakar et même à Bamako sans être inquiété. Les autres groupes dits terroristes, par contre, se contentent des rançons et de quelques émissaires occultes. De quoi voir passer le temps en attendant d’armer des rebelles contre d’autres. A moins que la Cedeao ose enfin parler ouvertement du budget de la guerre. Pourquoi ne pas en déterminer des quotas « chiffrés ».

Les crédits c’est terminé !!!

Par Arimi Choubadé
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Messages

  • Merci, Arimi pour ta promptitude.
    Merci de faire echo à ma frustation.
    Merci de mettre en lumière l’hypocrisie de la communauté internationale.
    Ce matin, j’ai suivi sur le responsable du MNLA qui semblait partager l’avis du secrétaire général et demandait le renforcement en armes de son groupe.
    C’est bien dommage tout cela

  • M CHOUBADE

    J’ai découvert votre site internet et vos publications que depuis quelques heures et je dois reconnaître que j’apprécie déjà beaucoup l’éloquence de votre verbe mais surtout votre franc parlé. Je comprends votre opinion sur le cirque habituel de nos élus et aux actions toujours reportés aux calendes grecques que ce soit de nos élus locaux ou de la communauté internationale surtout lorsque l’urgence de la situation élit domicile dans certaines zones géographiques plus ou moins pourvu en or noir ou de tout autre couleur susceptible d’aguicher l’intérêt de quelques pays alliés bien connus. Mais ne serait il pas temps que l’OUA, l’UEMOA, la CEDEAO ou que sais je encore de ces organismes socio économiques totalement inefficaces mais dotés d’une enveloppe luxuriante qui existent depuis plusieurs décennies en Afrique puisse prendre la relève ? N’est il pas temps qu’un soupçon de cohérence et d’orientation politique puisse germer dans ce continent. Le poids centenaire de la traite demeurera t’il l’excuse doctrinale et irréfragable de toute cette apathie généralisée. Parce que dans cette pauvreté générale et ces revenus de PIB par habitant qui frôle l’indécence, un fait me turlupine permanemment. Il s’agit de notre incapacité notoire à avoir une structuration politique cohérente et une organisation continentale qui puisse nous permettre un demi siècle après les indépendances de ne plus avoir le regard toujours tourné vers l’occident pour la moindre des décisions et des dépenses à effectuer. Il n’est pas utile de rappeler la quantité phénoménale du pactole dilapidé à travers des frais de missions que nous réussissons à payer aisément à tout va, nonobstant le fait qu’aucune activité économique ne soit pérennisé sur le continent ; à nos soit disant responsables politiques, élus locaux ou internationaux, diplomates divers et variés, véritables globes trotteurs et négociateurs éminemment incapables. Tous ces grands seigneurs et excellentissimes affublés des titres les plus révérencieux, donneurs de leçons et politiciens aguerris de bas étage totalement inapte à coordonner la moindre politique régionale, encore moins décidé d’un commun accord d’imposer la loi à une bande de bédouins armés de kalachnikovs et de sabre imposant en toute impunité leur barbarie à des pauvres familles livrés à leur propre sort. Des familles entières lapidées, amputées, terrorisées par une bande de fanatiques obnubilés par une croyance aussi barbare que dissidente de la véritable pratique de l’islam. Quels intérêts l’occident aura effectivement à continuer à sacrifier ses soldats alors même que les pays limitrophes et donc presque tout autant exposé ne s’en vont qu’en rangs dispersé brailler à qui veut les entendre que l’opération de nettoyage est « du tout cuit »pourfendant dans les médias du terroriste et d’islamiste. Des expressions et promesses héroïques qui ne dépasseront jamais le stade oral. Et cela dure depuis combien de temps ? Combien d’émissaires, de La seule universalité de droit et la légitimité des causes en question sont elles suffisantes pour que ce soit toujours les autres qui se mouillent pour ces causes. Je ne veux pas par ces propos dédouaner L’ONU qui est devenu aussi efficace que l‘OUA, mais juste faire appel à un sursaut de conscience. Et pour quel peuple d’ailleurs se plaint-on ? Est ce celui là même qui à laissé une poignée de militaire orchestré un putsch cautionnant par leur silence et leur apathie la suprématie sur la loi d’un vulgaire capitaine de pacotille. Ce même militaire qui au lieu de servir son pays et réparer les débordements ayant résulté de l’évincement de l’autorité principale du pays vient de fomenter il y a quelques jours une autre prouesse par l’arrestation à son domicile du premier ministre en la personne de Cheick Modibo Diarra qui se préparait à aller se faire soigner ; l’obligeant à démissionner ainsi que le gouvernement de leurs fonctions. Est-ce là un message d’appel au secours ? Y ‘ a t’il eu le moindre mouvement du soulèvement du peuple contre ses actes anti constitutionnels ? Comment peuvent-ils espérer la moindre aide de l’extérieur s’ils ne sont pas à même de lever le petit doigt pour leur propre salut. Je demeure perplexe quand aux chances de changement en Afrique. Je ne perds pas espoir, il reste simplement très mesuré.