Savent-ils ce qu’on appelle Lépi « béninoise » ???

lundi 17 décembre 2012 par Arimi Choubadé

Un peu de rappel à tous ceux qui pensent qu’une petite pirouette politico-institutionnelle suffirait pour lancer les élections municipales et communales. Le machin (Liste électorale permanente informatisée, Lépi) présumé instrument de modernisation par excellence s’est plutôt transformé en arme d’exclusion massive de potentiels électeurs. 1,2 million de victimes directes reconnues par les instigateurs eux-mêmes. Des gens enrôlés dès le départ mais disparus en cours de processus et qui n’ont pu obtenir le droit de voter aux élections de 2011. A ceux-là s’ajoutent les autres millions d’individus consciemment ou inconsciemment ignorés de tout le processus pour des raisons aussi loufoques les unes que les autres. On a presque oublié que la loi a prescrit que les citoyens devraient se faire enregistrer chez eux et n’avaient aucune responsabilité particulière à se porter vers des centres de collectes. Et que si ces citoyens n’ont pu être enrôlés c’est parce que la machine déployée sur le terrain était d’une incurie monstre : agents recenseurs non formés ou sous payés avec de grands retards, insuffisance ou inadéquation du matériel mis à disposition, intempéries (graves inondations au Bénin et dans la sous région), sans oublier un climat politique explosif.

Tout observateur impartial dirait à l’époque que la réalisation de ce fameux instrument était inopportune sauf une certaine communauté internationale méprisante et arrogante incarnée par l’attelage Pnud-Ue, considérant le fichier électoral béninois comme l’un des plus arriérés de la planète. A peine si les opposants au passage en force n’étaient taxés d’apatrides livrés à une répression aveugle à chaque manifestation de rue sur le sujet. Le tout sur fond d’une autre répression, juridico-politique féroce, celle-là, à propos de toute initiative parlementaire visant à faire échec à la manœuvre par la Cour constitutionnelle (de Robert Dossou) prête à mettre la constitution sens dessus dessous pour les besoins du dessein. L’un des chefs d’œuvre reste la tenue de la présidentielle 2011 plusieurs jours après la date butoir selon la constitution et le vide institutionnel au parlement avec l’élection législative fixée au 30 avril 2011 alors que la législature précédente avait déjà fini son mandat depuis plusieurs semaines.

Ramenée à l’échelle d’une élection locale, cette lépi augmente dangereusement les effets de la dérive. Aux autres millions laissés en rade et démis de leur droit de vote s’ajoute une nouvelle catégorie d’exclus : ces nombreux citoyens déplacés de leurs circonscriptions administratives originelles lors des abracadabrantesques manipulations de données recueillies auprès des populations. Un électeur inscrit en une localité déterminée peut retrouver son nom à des dizaines voire des centaines de kilomètres plus loin. Ce qui le prive de se porter candidat dans sa circonscription électorale d’origine (arrondissement, quartier de ville ou village) lors d’une municipale d’arrondissement ou de quartier. Même s’il conserve son droit de vote il ne peut l’exercer que dans une autre circonscription où il n’a peut-être aucun intérêt. Aucune étude sérieuse n’a encore déterminé jusque-là l’ampleur de ce désordre financé et soutenu par l’attelage Pnud-Ue… Ces incongruités avaient relativement été limitées lors de la présidentielle 2011 où on tient compte de tous les votes exprimés sur le territoire national quel que soit l’endroit, ou pour les législatives où la circonscription électorale est plus grande.

C’est donc cette cocotte-minute élaborée dans une pagaille artistiquement orchestrée qui sert de fichier électoral. D’où l’étonnement à voir l’indolence caractéristique du processus de sa correction par leurs auteurs de ses imperfections. Un enjeu aussi vital pour la quiétude de millions d’individus laissée à la merci de spécialistes de prébendes, de strapontins, de ruse et de corruption. La énième tragédie de cette malédiction de la Lépi qui semble se poursuivre.

A force de trop jouer avec cette chose-là…

Par Arimi Choubadé
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Messages

  • Vous répondez si bien aux questionnements quotidiens de nos nos compatriotes. Mon cher journaliste, mais dans tout ceci, le silence et le mutisme du chef de l’État qui dit rien, cependant, espérons et souhaitons qu’il puisse nous dire quelque chose sur cette fameuse lepi lors de son discours annuel très prochainement.
    Mais, au-delà de tout ceci, il y a dans certaines des communes de nos mairies, des maires qui sont conscients de ne pas revenir, oui de leur départ imminent et qui profitent ignorant qu’ils pourront être rattrapés et jugés par leurs actes. Il faudra les sensibiliser à la gestion rationnelle et judicieuse de la chose publique

  • De cette Nauséabonde Forfaiture, j’en VEUX à 3 Personnes : N. SOGLO et R. DOSSOU pour leur TRAHISON, et, A. Houngbédji d’avoir Plié l’Échiné au Nom d’une Fraternité Etrangère pour une Pseudo Paix Sociale. Écœuré jusqu’à mon ÂME, Je les ATTENDS au DÉTOUR du Chemin.