Ce Bénin-là inquiète !!!

vendredi 19 avril 2013 par Arimi Choubadé, root

En panne de tout, ou presque. La dernière et la plus emblématique, c’est la panne d’élection. Un pays qui ne peut tenir aucune consultation électorale ni statutaire ni spéciale. La cause est pourtant connue de tous : défaut d’un fichier électoral crédible, la fameuse Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Sauf qu’au Bénin les diagnostics se suivent mais pas forcément les remèdes. Ainsi, un banal renouvellement des mandats d’élus locaux devient très vite un canular ; la moindre ébauche de remède se révèle être pire le mal lui-même. Et ce n’est pas du bénino-pessimisme lorsqu’on constate que personne, aucune institution, aucun parti politique, aucun groupe organisé ne semble en mesure de proposer une sortie d’impasse. A se demander si le pays dispose des ressources intellectuelles et morales nécessaires afin de rendre fonctionnel à nouveau le mécanisme des élections complètement enrayé.

L’éclaircie attendue à ce propos ne point toujours pas à l’horizon. De la volonté politique et politicienne, les Béninois en ont eu plein les écrans. Déjà, depuis le jour de l’unique tour du scrutin présidentiel de 2011 avec le vibrant pardon du chef de l’Etat à l’endroit de ses compatriotes injustement privés du droit de vote. Ensuite, les foras autour de la correction de la Lépi organisés tous azimuts par la plupart des principaux courants politiques ces derniers mois. Sans oublier les nombreux débats parlementaires, les rapports et recommandations d’experts de l’Organisation internationale de la francophonie, de la société civile sur le sujet même. La chorale des représentants du Pnud et de l’Union Européenne au Bénin sur les vertus exceptionnelles d’un fichier pourtant reconnu pourri par la plupart des acteurs de la vie publique, pour couronner le tout. Pourtant, maires, chefs quartiers et autres élus locaux demeurent en place alors que leurs mandats respectifs sont presque à terme. Bien malin qui peut prédire la date exacte de renouvellement de ces mandats. Octobre ? Décembre ? 2014 ?

Il suffit de scruter de près les essais annoncés. On constate que la politicaillerie a repris ses quartiers au sein du processus avec le recours au même parlement, aux mêmes députés, aux mêmes partenaires techniques et financiers, au même arbitre (la Cour constitutionnelle), aux mêmes acteurs, à quelques nuances près, que ceux ayant conduit aux K.O électoraux de 2011. En clair, crise politique, crise des réformes économiques, risque de vide de légitimité sur les communes, rien de tout cela n’a pu aider à faire évoluer la réflexion. On en est encore aux bisbilles autour de la composition de l’équipe parlementaire à mettre en place. En attendant de connaitre le mécanisme final : entre apurement des données existantes, reprise de tout le processus, intégration des millions d’oubliés des K.O. de 2011 ou retour à l’ancienne c’est-à-dire la vielle recette des inscriptions manuelles à l’ombre des feuillages.

La liste des écueils insolubles ne s’arrête pas à l’imbroglio électoral. Les Béninois ne parviennent plus à trouver les ressorts intellectuels face à la moindre difficulté : primes des enseignants, insécurité, trafic d’hydrocarbure, transhumance politique, fraudes aux concours d’entrée à la fonction publique etc... Comment alors se défaire de l’image de l’agonie lente mais sûre du « Titanic » de di Caprio dont les voyants s’éteignaient, un à un, en pleine mer glaciale ? C’est un éminent confrère qui rappelait à son interlocuteur combien il est difficile de trouver le moindre motif d’espoir à bord de ce navire-Bénin. On aurait tant voulu que tout cela ne soit qu’un mauvais rêve mais en fin avril 2013, le corps électoral ne sait pas encore la date de son prochain rendez-vous avec les urnes alors que les mandats prennent fin en mai 2013. Il ignore encore plus ce qui adviendrait des scrutins suivants : 2015 et 2016

Ce Bénin-là ne vous inquiète pas, vous ???

Par Arimi Choubadé, root
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