N’arrêtez surtout pas le feuilleton Talon !!!

lundi 27 mai 2013 par Arimi Choubadé

La sirène populiste semble tenir le bon bout dès le lendemain de la saga autour des non-lieux du juge Angelo Houssou. Une clameur sourde appelle bruyamment à un abandon pur et simple des procédures autour des tentatives présumées d’empoisonnement du chef de l’Etat et de coup d’Etat. Argument trouvé : la misère du peuple. L’épisode parisien de la demande d’extradition de Patrice Talon et Olivier Boko pourrait couter trop cher à un pays en paupérisation exponentielle. En appui à cet argument alimentaire, certains agitent l’image du Bénin à l’étranger dans la perspective d’un rejet du tribunal de Paris des demandes du juge de Cotonou. D’où les appels tous azimuts à la magnanimité du père-de-la-nation-refondée afin qu’on mette fin à ce feuilleton juridico-politique à sensations. De personnalités publiques aux auditeurs anonymes en passant par les courtisans, des « têtes couronnées », des courtisans et consorts : tous unis à réclamer une reddition sans condition de la justice béninoise.

Remonte en surface cet atavisme si cher à la terre du vaudou faite de secret, de couvents et de tabous où le fétichisme est roi et où toute vérité n’est pas bonne à dire. On ne devrait donc pas chercher à savoir si c’est vrai ou faux que le chef de l’Etat a failli se faire empoissonner ou débarquer du pouvoir par des gens pourtant proches de lui dans un passé récent. Et lorsque le culte du mystère et du silence vient s’ajouter à une bondieuserie ambiante cela donne des litanies du genre : « il faut tout laisser entre les mains de Dieu » ou encore « la justice de Dieu est la meilleure ». Toute cette construction mystico-mythique n’a qu’un seul objectif : faire dire à Yayi Boni qu’il abandonne toute la procédure et qu’il pardonne tout le monde et que son seul souci c’est la paix, la fraternité et l’amour pour son cher et paradisiaque pays. Et dès le lendemain des processions laudatrices interminables prendraient d’assaut les rues des villes et des campagnes sans oublier la levée de ferveur dans tous les lieux de prière. Le Béni et sa légendaire phobie de la vérité à l’origine des lois d’amnistie pour les auteurs de crime de sang sur la personne de nombreux compatriotes et de crimes économiques, sans procès.

Heureusement que dans le cas d’espèce, il existe aussi des citoyens (dont j’en suis), impatients de connaitre le fin mot de l’histoire. Il ne s’agit pas ni de voyeurisme ni de goût du mélodrame. Un pays aussi exsangue ne peut se permettre d’avoir dépensé tout cet argent en honoraires d’avocats, de frais de mission de fonctionnaires de la police, de la justice et autres officiels pour finir par une humiliante dérobade. C’est encore mieux de perdre un procès les armes à la main plutôt que de choisir la lâcheté puisque personne n’a obligé la justice béninoise à demander des extraditions. Des décennies que l’Italie romaine réclame en vain à la même France l’extradition d’un activiste d’extrême gauche auteur d’acte de terrorisme sur son territoire. Des histoires de ce genre sont légion dans les rapports entre Etats. Le Bénin n’a donc pas à rougir d’un couac à cet propos.

L’avocat français du gouvernement sait d’ailleurs comment si prendre en intimant l’ordre au parlement de régulariser au plus tôt le droit positif afin de le rendre conforme aux normes requises sur le plan international – juste une ratification à la hâte. Deux mois pour l’Etat béninois de faire promulguer le nouveau code de procédure pénale abolissant la peine capitale, d’annuler les non-lieux de Angelo Houssou et de démontrer que Talon et associés seraient de vils empoisonneurs putschistes. Avec un directeur général de la police et un procureur de la République aussi talentueux, ce défi n’est qu’un jeu d’enfants.

De grâce, ne renoncez à rien avant le procès final !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1185-n-arretez-surtout-pas-le.html

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