La prime à la casse !!!

jeudi 23 mai 2013 par Arimi Choubadé

Le Mali en lambeau, la Côte d’Ivoire en ruine. Voilà les deux destinations qui décuplent la générosité internationale ces derniers temps. Le seul et unique critère désormais pour obtenir la magnanimité de la grande France ce n’est ni tenir les élections à bonne date ni assurer l’alternance au pouvoir, encore moins respecter les instructions des institutions de Breton Woods. Le Mali et la Côte d’Ivoire ont en commun les affres des bombes de l’armée française sur leurs territoires respectifs. Pour ce seul critère, Hollande a été capable de décrocher 3 milliards d’Euro pour le Mali et suffisamment d’investisseurs européens pour la côte d’Ivoire au point de faire passer Ouattarra pour le meilleur faiseur de miracle en Afrique francophone (près de 10% de taux de croissance au titre de 2013). Le bonheur des peuples africains francophones désormais au bout des cannons de l’armée de la France.

C’est classique de voir les crises nationales en région francophone s’éterniser contrairement aux autres régions du continent africain. Kenya, Ghana, Libéria, Sierra Léone, Zimbabwé, Mozambique ont traversé eux-aussi leurs périodes tumultueuses sans en faire une identité nationale. Ce qui n’est pas le cas du Togo, de la Centrafrique, du Tchad, des Congo, de la Guinée Conakry, Casamance, Azawad et autres. Même dans les quelques rares espaces francophones qui se prévaloir d’une relative sérénité, des poussées de fièvre sporadiques y sont légion. On s’étonne qu’un pays comme le Bénin, inventeur de la conférence nationale en Afrique et chantre de l’alternance au pouvoir présente parfois des aspects d’un bateau ivre au bord de la culbute au point où ses indicateurs socioéconomiques rivalisent avec ceux de pays relevant de catastrophes.

Le forcing déployé par la diplomatie française pour justifier la prime à la casse saute à l’œil. Il fallait montrer que partout où sont passés les soldats français c’est l’embellie qui suit aussitôt. Dans un premier temps, la Côte d’Ivoire est présentée comme la réussite économique du moment alors que les coups de feu se font toujours entendre à Abidjan et partout ailleurs dans le pays, les universités sont en ébullition, la fronde sociale s’observe partout y compris dans les fédérations sportives. Ensuite, s’organise une vaste kermesse autour du cas Mali avec l’annonce de la bagatelle de 3 milliards d’Euros dont on sait qu’ils ne parviendront jamais aux Maliens. Juste de quoi permettre à l’industrie humanitaire européenne de renflouer ses caisses sur le dos du désarroi et de la désolation causés par l’expédition militaire au sahel. C’est évident que l’épisode Djihadiste n’aurait jamais eu lieu si cet argent avait été déversé sur le sahel, il y a une décennie, au moment où, des charters rapatriaient depuis la France, les ressortissants maliens vers leur pays.

L’alibi du terrorisme ne saurait justifier cette fébrilité soudaine à l’Elysée qui ne voit désormais l’Afrique que par le viseur des bombardiers. Le Nigéria s’occupe bien de ses fous de Dieu sans recourir aux missiles d’un parrain. Il importe donc que la prime à la casse ne se généralise pas sur l’espace francophone. C’est déjà assez pour la grandeur de la France que Sarkozy se fasse célébrer dans les rues de Yamoussokro en 2011 et que 2 ans plus tard Hollande se voit consacrer saint parmi les saints de Tombouctou. Il existe certainement d’autres moyens d’impulser le développement de cette région sans y déverser la soldatesque. Pourquoi ne pas commencer par renoncer à l’instrument d’asservissement par excellence de 14 Etats africains qu’est le Cfa ?

Juste un pas, en attendant les autres pas !

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1193-la-prime-a-la-casse.html

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