Je ne crois ni au procureur de Cotonou ni à l’avocat de Paris !!!

vendredi 31 mai 2013 par Arimi Choubadé

Les communiqués acidulés contre le juge Angel Houssou sur la télévision nationale tout au long du week-end de Pentecôte ? Ce n’était ni l’œuvre de Christian Charrière Bournazel, avocat parisien de Yayi, encore moins de Justin Gbênanminto, procureur près le tribunal de Cotonou. Et pourtant, leurs noms étaient bel et bien mentionnés à la fin de chacun des textes attribués à l’un ou à l’autre. Des bizarreries cependant dans les dénégations respectives des concernés. Un déni de signature du procureur face à ses collègues de l’Union des magistrats du Bénin (Unamab)puis un démenti laconique de l’avocat français lors d’une conférence de presse. Puis plus rien. Curieusement, aucun d’eux ne s’estime léser d’avoir été cité à tort dans les médias surtout qu’il leur était attribué des propos incitant à la violence à l’encontre d’un juge dans l’exercice de ses fonctions voire à l’outrage à magistrat. Après s’être retourné contre les policiers l’ayant récupéré à la frontière, gardé jusqu’au lendemain et lui ayant confisqué son passeport pour quelques jours, il n’est pas exclu que le jeune juge Houssou saisisse la justice contre les auteurs présumés des fameux communiqués.

C’est en cela que la désinvolture des démentis surprend beaucoup. La télévision nationale n’est pas une vulgaire boite à lettre où n’importe qui vient déposer des textes directement lus à l’antenne sans aucune précaution d’usage. Généralement, ces genres de communiqués « non traités » par la rédaction passent par le service commercial très hiérarchisé et très organisé. Il est donc loisible pour les concernés d’exiger la traçabilité des documents présentés sur les antennes en leurs noms. Histoire de se prémunir contre toute éventualité au cas où Angelo Houssou déciderait de confier l’affaire au doyen des juges du tribunal de Cotonou. Soit les signataires annoncés sur les ondes sont les vrais, auquel cas cela pourrait constituer une menace grave contre la bonne administration de la justice ; le procureur béninois et l’avocat étranger pouvaient être accusés de s’en être pris aussi vertement à la personne d’un juge ayant fait son devoir. Par contre, si les signataires ont été désignés à tort, il s’agirait alors d’une faute professionnelle grave des animateurs de (ou des) organe(s) en question. Par contre, Christian Charrière Bournazel et Justin Gbênanminto aurait dû se garder de démentir s’ils n’avaient manifestement aucune envie d’en savoir davantage sur les vrais instigateurs des éléments diffusés. ‘Qui ne dit rien consent’.

Le flou autour des communiqués télévisés rentre dans la droite ligne du cafouillage général observé dans ce dossier où la plupart des acteurs se sentent plus dans les liens d’une obligation de moyens que dans une obligation de résultats. Chacun s’active à théâtraliser ses œuvres afin de se prémunir par avance de tout échec. Policier, procureur et avocats préfèrent les flashes des caméras au point de manquer d’apporter les mentions les plus élémentaires au dossier d’extradition bien que ces derniers soient disponibles, du moins pour certains aspects. Ces gens n’ont pu s’attaquer aux moyens de droit des non-lieux du juge Houssou et préfèrent fouiller dans les garde robe et les rubriques soporifiques d’infidélités conjugales. Incapables de voir venir l’histoire du visa américain ou de déceler par anticipation les éventuels atomes crochus entre le 6ème cabinet du parquet de Cotonou et les mis en cause dans l’affaire. Tous les yeux rivés sur leurs prochaines prestations médiatiques. Le mal serait encore pire pour Yayi si, à la fin du processus, ses défenseurs ne sont en mesure de lui exhiber que des communiqués, des articles de journaux et des passages devant les caméras en lieu et place de décisions de justice favorables.

En attendant la saga se poursuit !!!

Par Arimi Choubadé
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