L’Insae aussi ???

lundi 3 juin 2013 par Arimi Choubadé

Le très vertueux Institut national de la statistique et de l’analyse économique (Insae) à la peine. Pour s’en rendre compte, il a fallu que le déroulement du recensement de la population, édition 2013, s’englue dans les travers de la déliquescence nationale. Cette structure-là, avait pourtant l’avantage d’être considérée par la grande majorité des Béninois comme étant à l’abri des déviances identitaires de l’administration publique : improvisation, gabegie, favoritisme, légèreté et magouille. Jusqu’à ce que surviennent les dernières frasques autour du 4ème recensement général de la population. Imaginez des agents recenseurs prisonniers de grosses averses sans équipements adéquats afin de préserver l’intégrité des documents contre l’eau de pluie ! D’autres devraient faire montre de qualités athlétiques voire acrobatiques exceptionnelles afin d’atteindre des localités pratiquement coupées du reste du territoire national du fait de pistes d’accès hors d’usage. S’ils ne courent pas carrément après des populations en déplacement continuel en fonction des ravages des inondations.

Curieusement donc, le processus de recensement par l’Insae, habituellement irréprochable, du moins dans son organisation, emprunte les mêmes tares à son calamiteux cousin de la réalisation de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi) de sinistre mémoire. Prolongations de délais intempestives, cafouillages dans la chaine de commandement, recrutements et déploiements fantaisistes, exploitation éhontée des agents recenseurs sans contrat, sous payés, mal formés, livrés à eux-mêmes et soumis à des tracasseries inimaginables. Contrairement aux autres éditions sur lesquelles l’Insae avait d’ailleurs bâti sa réputation. Au plus de la crise préélectorale en 2011, des acteurs politiques avaient même exigé l’implication de l’Insae dans la réalisation de la Lépi, en espérant offrir à l’instrument une crédibilité et une fiabilité acceptable de tous.

Il a suffit des couacs du 4ème recensement de la population pour que les Béninois se rendent à l’évidence qu’il n’existe pas d’ilot de vertu dans cet immense champ de corruption et d’antivaleurs qu’est devenu le Bénin. On se demandait d’ailleurs comment l’Insae pourrait être épargné par le clientélisme ambiant. Il fallait de la magie pour le soustraire de la gloutonnerie des courtisans présents à toutes les strates de la gouvernance publique. Eux, ont toujours besoin de plus d’argent pour les marches de soutien, de cérémonies de remerciement, de prières et de précampagnes électorales permanentes. Il est quasiment impossible de les priver de parts de marché dans l’opération, de placer des partisans à tous les niveaux de l’échafaudage. Si certains d’entre eux ne poussent pas l’hérésie à son paroxysme en œuvrant à saboter les opérations dans des localités pour des considérations purement régionalistes. Eh oui ! La Lépi en a souffert abondamment.

Peut-être aussi que la fameuse réputation de l’Insae n’était qu’un mirage depuis plusieurs années déjà. On se souvient de l’activisme controversé lors de la présidentiel de 1996 de l’ancien Dg adjoint promu Dg au lendemain de la victoire de Kérékou. L’activiste en question avait tout simplement fait circuler des statistiques donnant Kérékou gagnant contre Soglo au pouvoir à l’époque. Ensuite il y a eu le recensement de 2003 dont les données avaient été fortement contestées par l’opposition de l’époque qui dénonçait déjà des manipulations régionalistes. Il est fort probablement que toutes ces anciennes récriminations remontent à la surface après la publication des résultats de la salade 2013.

Au pays de la grande combine…

Par Arimi Choubadé
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