Jusqu’où s’arrête la correction de la Lépi ???

mercredi 5 juin 2013 par Arimi Choubadé

Bien malin qui peut donner une définition claire de la « correction » de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Selon la loi, le processus n’est achevé que lors de la publication de la liste y compris sur internet. Ainsi, la Lépi n’existerait légalement que lorsque chaque électeur pourrait retrouver son nom, sa circonscription électorale, son bureau de vote, le nombre d’inscrits et toutes les autres informations liées à un scrutin, à partir de n’importe quel accès internet, en cliquant sur un logiciel informatique. Tout le contraire des simagrées hyper médiatisées autour d’un mystérieux boitier, exclusivement entretenues, entre le président de la Cena 2011, Joseph Gnonlonfoun et le réalisateur en chef de la Lépi originelle, Alifari Bako à la veille de la dernière présidentielle. A l’époque, le code secret ne marchait qu’entre ces deux là. Personne d’autres, ni les candidats, encore moins les électeurs n’avaient la moindre idée sur la disponibilité matérielle de la tristement célèbre liste électorale. Même les sages de la Cour constitutionnelle ont dû recourir aux témoignages oraux (s’il vous plait) du président de la Cena 2011 et de son adjoint pour conclure à l’existence légale du dit fichier.

Voilà, le Bénin, une nouvelle fois embarqué dans la saga de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Presque exactement sur le même tempo que le processus ayant abouti aux K.O électoraux de 2011. Échafaudage législatif très laborieux précédant une désignation poussive des membres de la structure de correction et de ses démembrements. Déjà dans l’ossature se retrouvent les mêmes acteurs, à quelques exceptions près, à la base de la tragédie électorale, deux ans plus tôt. Les premières salves d’annonces lors du lancement du processus de correction donnent un aperçu de ce qui se profile à l’horizon. En effet, dès le lendemain de son sacre courant avril 2013, le président du Cos/Lépi, Sacca Lafia, avait cru lire dans un songe que les municipales pourraient se tenir à novembre 2013. Une date qui devient janvier ou février 2014 en marge des assises des acteurs du processus fin mai à Grand Popo. Rien que des hypothèses, toutes fondées sur des approximations et des rêves en couleurs.

Et ça recommence ! Avec une absence totale de contrat et d’objectifs clairs assignés au Cos/Lépi. Le fichier sera-t-il enfin disponible en ligne sur internet ou se limitera-t-il au boitier secret ? Ou encore devrait-on bloquer le processus à une autre étape intermédiaire ? Aucun des correcteurs n’a daigné jusque-là évoquer la finalité ultime conformément à ce qu’a prévu la loi. Au-delà même de la légitimité de ce Cos/Lépi, c’est son président qui est le plus attendu au tournant. Lui, Saka Lafia, s’était déjà illustré lors d’un curieux meeting aux relents régionalistes qu’il a présidé à Bassila en janvier 2011 en pleine campagne électorale à propos justement de la Lépi. À lui de prouver qu’il ne perçoit plus cet instrument sous le lorgnon d’un sud plus peuplé que le nord ou vice versa et que les électeurs d’où qu’ils sont originaires devraient tous jouir de leur droit de vote et se faire enrôler massivement comme il le recommandait, lui et sa suite, à l’époque, aux populations du septentrion. Dans tous les cas, même si le Cos et compagnie feignent d’ignorer leur cahier de charges, les exclus des dernières élections, eux, savent qu’il n’y a pas de correction de la Lépi tant que le fichier en question n’est pas mis en ligne sur internet et accessible à tous les Béninois.

Rendez-vous donc sur le net, chers correcteurs !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1197-jusqu-ou-s-arrete-la-correction-de.html

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