Pas de révision, pas de Lépi ???

mercredi 26 juin 2013 par Arimi Choubadé

Peut-être enfin le bout du l’obscur tunnel pour la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Tout porte à espérer que le Bénin pourrait logiquement organiser à nouveau des élections. Pour en finir avec la quarantaine dans laquelle la Cour constitutionnelle l’a plongé en rendant incontournable la fameuse liste à l’occasion de toute élection ; fichier non disponible plongeant le pays dans l’incapacité absolue de tenir le moindre scrutin. Ce qui fait que les mandats des élus locaux, pourtant arrivés à échéance depuis quelques semaines déjà pour certains courent encore pour une durée indéterminée. Plus grave, personne, aucun membre d’institution, aucune autorité politico-administrative, aucun citoyen, aucun partenaire au développement ne peut faire des projections sur la date probable de renouvellement des conseils municipaux et locaux, encore moins des élus parlementaires en principe prévu pour 2015 et pire encore celui du président de la République en avril 2016.

La bonne nouvelle, cependant, c’est la détermination du gouvernement et de son chef de faire aboutir la révision constitutionnelle ; le projet pourrait, en toute logique, passé par un scrutin référendaire. Or, pas de Lépi, pas d’élection et donc pas de référendum. Autre bonne nouvelle, c’est le temps qui ne joue pas en faveur des révisionnistes. Surtout pour ceux soupçonnés de louvoyer sur un débat à venir sur l’avènement d’une nouvelle République ou pas. En effet, l’intérêt de la conjecture porte sur la modification des conditions d’éligibilité. Même en gardant l’article 42 en l’état, la tentation est forte de déclarer Yayi Boni éligible à nouveau à une présidentielle à l’issue de son deuxième mandat en cours dès la survenance d’un référendum avant 2016. Ce n’est pas nécessaire de revenir sur les nombreuses démonstrations faites par d’éminents débatteurs sur le sujet. En d’autres termes, la perspective d’une nouvelle République change de facto les critères d’éligibilité. Sauf que les révisionnistes ne sauraient ignorer une recommandation de l’Ua qui interdit ces genres de manœuvres à moins de 18 mois du scrutin. Recommandation excipée par la Cour constitutionnelle de Robert Dossou pour bloquer la correction de la Lépi à la veille des scrutins de 2011. Dans un peu plus d’un an, le Bénin basculerait dans ce délai de rigueur et pourrait courir le risque de se mettre à dos la communauté internationale. Il faut aller vite donc.

Point n’est besoin d’aller jusqu’au Sénégal et la célère phrase de Wade : « J’avais dit. Eh bien, je me dédis » à propos de la promesse faite publiquement et à plusieurs reprises de ne pas se présenter une troisième fois. Au Bénin également, cette technique du « compteur remis à zéro » n’est pas inconnue et a été bel et bien utilisée sous le renouveau démocratique. Bien qu’ayant été élu plusieurs fois par les urnes sous le régime révolutionnaire, Mathieu Kérékou a été admis à se présenter, à nouveau, après la conférence nationale des forces vives juste parce qu’on avait changé de loi fondamentale donc de République. Par quelle alchimie ce qui a été permis à Kérékou ne le serait pas à Yayi. Mais au-delà, ce sont les antirévisionnistes qui doivent être très embarrassés actuellement. Accepter le référendum constitutionnel c’est hâter la correction du fichier électoral et permettre l’organisation à bonnes dates des scrutins à venir. A contrario, bloquer la révision c’est priver la correction de la Lépi d’un aiguillon exceptionnel.

La Lépi au bout du référendum constitutionnel !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1203-pas-de-revision-pas-de-lepi.html

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