Les 50 milliards du kpayo, parlons-en !!!

lundi 8 juillet 2013 par Arimi Choubadé

Près de 4% du budget national pour affronter le trafic des produits pétroliers. Cette fois-ci, la rhétorique creuse et grandiloquente fait place à du chèque, du concret. Tous les participants à l’audience accordée par la chef de l’Etat aux trafiquants du « kpayo » ont entendu leur hôte affirmé que l’argent est disponible. Même si jusque là, rien ne filtre à propos du plan cocotté à l’occasion et les mécanismes de sa mise en œuvre. Mais le montant, lui, est connu ainsi que le délai d’exécution, 5 mois. En un seul exercice budgétaire, s’il vous plait, celui de 2013. Sans que le gouvernement ne soit obligé de passer par un collectif budgétaire. Qui a dit que le pays traverse une crise financière chronique ? Être capable de claquer autant d’argent en si peu de temps, n’est-ce pas une preuve supplémentaire d’une excellente santé financière.

L’opinion nationale tétanisée par le double drame du pont de Porto-Novo et de la dépression de Gouti dans la vallée de l’Ouémé n’a pu s’attarder outre mesure sur cette démonstration de richesse du gouvernement. Même si pour beaucoup moins que cela on aurait pu sécuriser les différents ponts des principaux axes routiers du pays afin de conjurer des événements du genre du double drame du 30 juin 2013. Peut-être même pourrait- on achever de construire la dorsale Glo-Bohicon à l’origine de nombreux désagréments pour les populations. Imaginons également le boom touristique si les cités lacustres de Ganvié, So Ava, Aguégués recevaient une partie de ce pactole. Sans oublier le fameux projet « route des pêches » en souffrance de financement depuis près d’une décennie. Tant mieux si la Marina décide que sa priorité à lui c’est la lutte contre le trafic de produits pétroliers.

Néanmoins, tout citoyen devrait logiquement se poser la question de savoir si bruler 50 milliards en 5 ou 6 mois suffit à venir à bout de ce phénomène incrusté dans les mœurs depuis des générations. Surtout avec le mutisme assourdissant des principaux concernés après la rencontre avec le chef de l’Etat et l’annonce du déblocage des fonds. Il s’agit bien d’un trafic ayant causé le décès de plusieurs compatriotes à travers de fréquents incendies, des nuisances sanitaires sur les manipulateurs des produits pétroliers mais également les sanglantes opérations de répression des agents des forces armées. Impossible d’imaginer une éventuelle réussite de ce nouveau plan sans une transparence dans la conduite des différentes phases avec l’implication des acteurs du trafic. Pourvu que le plan en question ne soit l’achat de plus de chars, plus de pick-up, plus d’armes pour les forces de répression. Et que les 50 milliards participeraient à ramener la sérénité dans les zones de prédilection du « kpayo ».

Régions de prédilection du kpayo, parlons-en ! Dans ce contexte de clivage ethnique très prononcé. En effet, le gouvernement a bel et bien marqué au fer rouge la zone géographique de priorité de la sourde répression. Tout le monde connait les régions du pays dans laquelle des citoyens sont quotidiennement fauchés par les balles des militaires depuis le déclenchement de la phase d’éradication du phénomène. La ventilation des 50 milliards ne devrait intervenir dans ces régions là sans que ne surgissent des considérations d’équilibre régional ou de quotas ethniques. L’opération en cours ne concerne qu’une partie du pays et il devrait en être ainsi lors du partage du pactole. De sorte à ne pas réveiller des susceptibilités et faire croire que les canons et les tueries seraient destinées à certains, et les milliards à d’autres.

Le festin du kpayo peut enfin commencer pour les réprimés exclusivement !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1206-les-50-milliards-du-kpayo-parlons.html

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