Ils ont peut-être raison à propos de la Cour des comptes ???

vendredi 12 juillet 2013 par Arimi Choubadé

 
Les révisionnistes s’entendent. De vouloir se conformer à une prescription de l’Union économique et monétaire de l’Afrique de l’Ouest (Uémoa). Des intégrationnistes patriotes soucieux de voir leur pays en pointe du processus d’intégration sous régionale. Surtout qu’il y a une "honte" présidentielle à laver parce que le pays aurait occupé la queue en matière de performance économique de la région. L’anachronique chambre des comptes de la Cour suprême disparaîtrait donc au profit d’une Cour des comptes autonome sensée plus apte à assurer la mission de contrôle de la gestion des ressources publiques et à faire reculer les frontières de la corruption et de la mauvaise gestion. Rien que pour ce noble objectif, les révisionnistes béninois ont raison de battre le macadam de Malanville à Cotonou, sous la pluie et sous le soleil, de jour comme de nuit y compris aux heures de service. Uniquement pour cette raison alors et non pour d’autres. Je les vois déjà jubiler du fait qu’un sceptique de la révision en vienne à leur trouver un brin de raison. Soit !
 
Mais alors, l’opération devrait pouvoir aller sans encombre, indépendamment des esbroufes d’experts nationaux et internationaux en manipulation de loi fondamentale. Il suffit d’un additif à la constitution portant création de la Cour des comptes en attendant qu’une loi organique ne vienne en compléter les différents contours. En 10 minutes, Mathurin Nago pourrait faire régler la question. Un vote parlementaire à l’unanimité, c’est-à-dire, plus que le consensus national érigé en religion d’Etat par les sages de la Cour constitutionnelle avant toute modification de la constitution. Marcheurs, société dite civile, experts constitutionnalistes, partis politiques, tous soutiendraient sans condition cet effort d’alignement des normes constitutionnelles nationales si ce n’est qu’au nom de l’intégration au sein de l’Uémoa.
 
Nul doute cependant que les révisionnistes ne se contenteraient jamais de si peu. Ils pourraient profiter de l’interstice pour faire avaler d’autres couleuvres de façon massive afin de se ménager des chances d’un débat à venir sur l’avènement ou non d’une nouvelle République. L’actuel président de la Cour constitutionnelle, Théodore Holo ne fait d’ailleurs pas mystère de son grand penchant pour la refonte de la Haute cour de justice dont il était alors le président. Un boulevard que les anti ne voudraient pour rien au monde accorder aux réviseurs. D’autant plus que l’obstacle de l’obtention d’une majorité qualifiée avant poursuite et mise en accusation devant la haute juridiction n’est pas si insurmontable que cela. Les cas des anciens ministres Alain Adihou, Rogatien Biaou, Kamarou Fassassi, Armand Zinzindohoué ainsi que François Noudégbessi votés par le parlement l’illustre parfaitement. Là encore, l’option de l’opération chirurgicale pourrait régler l’affaire. Comme pour la Cour des comptes, deux articles suffisent, un consacré à la création et à la composition de la Haute cour de justice ; l’autre indiquant que les détails de son fonctionnement feraient l’objet d’une loi organique exactement comme l’a fait la constitution française en vigueur en ses articles 67 et 68. Là aussi 10 petites minutes et c’est réglé. Malheureusement, Ces options à minima ne conviennent pas du tout aux marcheurs qui veulent tout casser pour tout refondre jusqu’au préambule sur fond de partage de l’initiative des lois avec la rue.
 
En outre, le plus gros des écueils dans tout ce débat, c’est moins la volonté de toucher aux textes que la confiance entre les acteurs en présence. Wade et son "j’avais dit. Eh bien je me dédis" est passé par là. Et la manière de réaliser aux forceps le consensus national en dit long sur les crispations. À la conférence nationale, ce consensus n’avait rien de comparable à des marches de soutien et des déclamations télévisées intempestives. Cela s’est fait entre 500 délégués à peine, sagement assis dans la salle de conférence de l’hôtel Plm Aledjo, représentants les partis et sensibilités politiques, durant une dizaine de jours, le temps nécessaire pour accorder les points de vue. En 2013, le consensus ne se fait plus entre délégués représentatifs mais entre 10 millions de marcheurs et de liseurs de motion. Un aperçu de la démocratie dite participative ou de la dictature du développement.
 
Admirez l’abysse entre la raison et la méthode !!!

Par Arimi Choubadé
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