La faillite provoquée ??? 

mercredi 24 juillet 2013 par Arimi Choubadé

La faillite provoquée ???
 
Téléthon pour la construction d’un grand amphithéâtre au campus d’Abomey-Calavi. Campagnes médiatiques à l’intention de généreux donateurs en secours au centre de formation des inspecteurs de l’enseignement à Porto-Novo. Opérations en 120 jours pour sauver la santé et l’éducation nationale, etc... Ne parlons pas des prélèvements abusifs sur la communication Gsm en sus des taxes réglementaires destinés à faire face à des dépenses de l’Etat. Et pourtant, l’économie béninoise n’est pas sur les traces de celle de la ville de Détroit (Usa) déclarée en banqueroute, incapable de payer ses dettes et de faire face à ses obligations régaliennes. En effet, l’argenterie nationale béninoise est actuellement créditée d’une exceptionnelle embellie avec un taux de croissance économique (contesté ou pas) avoisinant les 5,4%. Question : d’où vient alors ce rush vers la mendicité d’Etat, justement en pleine année « faste ». Pour que des fonctionnaires, face à des dépenses publiques, en viennent de faire les poches à des citoyens de plus en plus en proie à la vie chère.
 
Le spectacle d’étudiants en haillons, juchés sur des piles de bout de brique dans des amphis au toit croulant et suintant ne rend certainement fier aucun Béninois. Encore moins la pestilence aux abords des salles d’hospitalisation dans les centres de santé ; ou la vétusté des salles de classe et du matériel didactique en milieu scolaire. Pourtant, les subventions n’ont jamais manqué pour les hôpitaux, les écoles, les universités, l’entretien des routes et des infrastructures depuis la naissance de l’Etat du Dahomey. Les budgets annuels se suivent, tous lestés de considérables prévisions en Programmes d’investissements publics (Pip). Malgré tous ces apports, on n’a pas pu éviter de recourir à la mendicité pour sortir tous ces secteurs de l’agonie. Une question en appelle une autre alors, on veut bien savoir ce qui garantirait une meilleure gestion du butin amassé à travers ces campagnes de commisération populaire surtout que sa gestion revient aux mêmes gestionnaires auteurs de la gabegie au budget national. Sans oublier que les donations ainsi que les contributions fiscales budgétisées proviennent tous des mêmes poches.
 
Prenons le cas de l’Université d’Abomey-Calavi. L’existence de multiples mécanismes de contrôle et de procédures en matière de gestion d’établissements publics n’a pu enrayer les scandales sur le campus. Sans remettre en cause la probité de l’actuelle équipe rectorale dirigée par Brice Sinsin, qu’en serait-il des fonds du téléthon, plus souples à manier ? Comble de la suspicion lorsque malgré les élans de mendicité tous azimuts les ministres du secteur de l’éducation nationale acceptent de brûler des ressources dans des tournées gouvernementales sur le coton pendant qu’on ne forme plus d’inspecteurs de l’enseignement faute de cadre adéquat et que les étudiants bondent des amphis exigus et insalubres.
 
La sécheresse dans les régies financières a, néanmoins, permis de découvrir les qualités de pickpocket de certains fonctionnaires très habiles à s’adresser directement aux portemonnaies des citoyens en jouant sur la pitié ambiante. À l’évidence, personne ne saurait contester que le délabrement des infrastructures doit plus à l’indélicatesse des manipulateurs des ressources publiques qu’à la rareté de ces dernières. Enfin, la dernière question qui hante les esprits est de savoir ce qui adviendrait du développement du pays si les fruits de la mendicité devraient connaitre le même sort que les ressources classiques du budget national.
 
Pourquoi abuser de la solidarité des citoyens en pleine croissance économique ?
 

Par Arimi Choubadé
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