Un premier, un 2ème avertissement, puis….

vendredi 26 juillet 2013 par Arimi Choubadé

Un premier, un 2ème avertissement, puis….

Et de deux ! La politique de la « main tendue » à l’épreuve des rivalités de fin de règne. Les Houézèhoué tiennent rigoureusement la comptabilité des provocations : une première en décembre 2012, puis une deuxième en juillet 2013… Comptabilité tenue en temps et en heure, chaque fois depuis le perron de la Marina afin que son locataire se le tienne pour dit. Le style choisi se suffit à lui-même. Rien à voir avec les palabres réconciliatrices suivies d’effusion d’embrassades et de poignées de main entre alliés se tirant dessus par médias interposés quelques jours plus tôt, le tout sous le regard condescendant du maitre des céans. Malgré le visage marqué par une demi-lune de jeûne musulman et à la veille d’un départ pour la Mecque, Léhady a tenu à prendre acte de la dernière attaque dans le dos dont l’équipe municipale de Cotonou et lui-même ont été l’objet de la part de gens sensés ramer dans la même mouvance présidentielle qu’eux.

Quoi qu’on puisse en penser, la démarche ne manque pas de pertinence. Le discours, presque toujours le même, du président de la Renaissance du Bénin commence par le rappel de la loyauté en tant que soubassement du partenariat de la « main tendue » avant de chuter sur l’envie contenue des militants Houézèhouès de répondre du « tac au tac ». Des principes rappelés à qui de droit et non à des intermédiaires du genre coordonnateur Fcbe, facilitateurs ou autres conseillers spéciaux. En d’autres occasions, on y verrait ni plus ni moins des avertissements à peine voilés. En effet, jamais un accord politique n’a préconisé des coups de traitres entre cocontractants. Depuis l’entrée de la Rb à la majorité présidentielle « plurielle » les voix de ses élus parlementaires n’ont jamais manqué au gouvernement au sein de l’hémicycle, et jamais un mandant houézèhouè n’a été surpris en train de tirer à boulets rouges sur des égarements éventuels du régime. Mis à part le couac du communiqué du bureau politique fustigeant toute « révision opportuniste » de la constitution lors de la première tentative d’introduction du projet de modification de la loi fondamentale en 2012. Mais depuis lors le chef de l’Etat avait déjà reculé sur le sujet avant le spectaculaire revirement de ces dernières semaines.

De toutes les façons, ce n’est pas à la Rb qu’on ferait le reproche de ne pas savoir faire front à l’adversité et de redouter le combat du terrain en l’occurrence celui de Cotonou. Les Kérékouïstes peuvent en témoigner durant leur dizaine d’année au pouvoir sous le renouveau démocratique (1996-2006). Une radicalité et une virulence à toute épreuve au point voir la Rb reprendre parfois les mêmes thèses que les radicaux communistes à l’époque. Le premier mandat de Yayi n’y avait pas échappé d’ailleurs. Et n’eut été ce que la Rb et dans une moindre mesure le Prd (les deux plus grands partis de la grande Union fait la nation victime du double K.O présidentielle-législatives de 2011) appellent la « préservation de la paix sociale », la logique d’affrontement serait déjà à son paroxysme. Avec un pic exceptionnel par ces temps de cristallisation autour de la révision de la constitution.

Aux émergents de choisir entre prendre le risque de se brouiller avec le plus grand parti de leur majorité présidentielle ou conforter la fin de règne de leur champion. Ce n’est pas évident qu’on revoit, une autre fois, des délégations du bureau politique de la Rb rééditer l’opération de dénonciation de l’indiscipline interne à la majorité présidentielle auprès de Yayi sans se résoudre finalement à rendre les coups reçus. Après la première fois puis la deuxième fois, plus personne ne peut jurer de ce qui se passerait la prochaine fois.

Avis aux provocateurs !!!

Par Arimi Choubadé
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