Comment bénéficier des 50 milliards du « kpayo » ???

lundi 29 juillet 2013 par Arimi Choubadé

Condition N°1 : avoir subi la répression sanglante des traqueurs d’étalage d’essence en vrac sur le territoire national. C’est le nord-Bénin qui prend enfin connaissance du manuel des bénéficiaires des 50 milliards Fcfa promis par le chef de l’Etat pour lutter contre la vente illicite d’hydrocarbures. Pour éviter d’être pris à nouveau en flagrant délit de régionalisme, il fallait qu’à l’instar du sud, l’autre partie du pays subisse également les affres des pénuries de carburant, des tueries, de violences militaro-policières ou des tensions sociales. À l’annonce de la bagatelle assortie d’un décaissement express en cinq mois, plusieurs interrogations notamment celles liées au partage avaient agité les esprits. La logique aurait voulu que les sous aillent aux victimes directes ou indirectes de la répression avec pour indicateur principal, la localisation géographique des interventions des militaires. Personne n’aurait compris que la répartition de l’argent ne suive pas la même trajectoire que la soldatesque envoyée sur le terrain. L’équilibre semble donc en cours de rétablissement depuis l’extension au nord du pays des expéditions anti-kpayo malgré les quelques disparités sur le degré de violence et de victimes tuées, d’une région à une autre.

En attendant des détails sur la grille de distribution, les conjectures autour de la stratégie se poursuivent. À propos de l’identité réelle des véritables victimes de la répression. Les trafiquants et les consommateurs ? Plusieurs mois d’opérations militaro-policières après, la faillite est loin d’être du côté des principaux acteurs ; au contraire. Observons qu’après chaque grosse saisie dans une localité, les prix grimpent considérablement sur les autres étalages sauvages ayant survécu aux passages des hommes en uniforme. Le coût de ces saisies se répercute, automatiquement, sur les pauvres consommateurs, parfois condescendants. En définitive, les trafiquants s’en sortent avec de très belles affaires puisque la fixation des prix de récupération se fait à leur propre discrétion et en fonction du préjudice qu’ils estiment avoir subi de la part des répresseurs.

Et lorsque c’est devant ces grands profiteurs de la fausse crise, que le chèque gouvernemental a été exhibé, il y a de quoi se préoccuper sur la suite. A eux (trafiquants et démembrements) toute la cagnotte consacrée au volet reconversion, voire remboursement pour préjudice subi, en lieu et place des automobilistes et autres motocyclistes qui payent de leurs poches l’essentiel de la note. Or jusque là, cette dernière catégorie de citoyens notamment les consommateurs ne semble nullement associée à aucune étape de la problématique. Bien qu’ils supportent déjà directement la dîme de la répression à de l’achat de l’essence au marché noir, ensuite ils devraient supporter les 50 autres milliards dits de reconversion ou de développement des zones de trafic, en tant que contribuable.

Tous ces éléments mis bout en bout brouillent davantage le manuel d’utilisation des 50 milliards en sus du questionnement sur la disponibilité des ressources. Reviennent pêle-mêle en surface les autres incongruités de cette traque. Voilà une activité qui fait déverser l’armée, la gendarmerie, la police, la douane et tous les corps de répression de la République sur les routes mais pas la justice. Un crime sans criminels en somme. Personne n’est arrêté ou jugé pour avoir mis en danger l’économie nationale, la santé et la sécurité publique. La seule sanction c’est de voir quelques bidons d’essence emportés par des hommes en uniforme vers des destinations équivoques ou d’attraper une balle perdue sans qu’on ne comprenne pourquoi ou comment.

50 milliards donc pour lutter contre un crime sans criminel !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1215-comment-beneficier-des-50.html

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