Crime de lèse-catholicisme ???

vendredi 30 août 2013 par Arimi Choubadé

Yayi ne devrait pas oser écrire une lettre de réprobation à l’archevêque de Cotonou. Quid des deux personnalités musulmanes signataires d’une réplique "irrévérencieuse" à l’endroit de la conférence épiscopale du Bénin. Surtout du ministre des Affaires étrangères, Arifari Bako, d’obédience islamique, auteur d’un déni de représentativité religieuse vis-à-vis de tous les Béninois au clergé catholique. Tous coupables d’avoir manqué de reconnaissance à l’endroit de l’église catholique pour son rôle "historique" au cours de la conférence nationale de février 1990. En référence certainement à la présidence du présidium des assises précurseur du renouveau démocratique, assurée avec maestria par feu Mgr Isidore de Souza.

Il ne viendrait à l’idée d’aucun Béninois de sous-estimer les qualités d’homme de foi, de conviction et d’amour pour sa patrie que fut Isidore de Souza. "Qu’aucun bain de sang ne nous éclabousse", " Gardons la tête froide et le cœur chaud". De petites phrases au retentissement considérable sur les délégués à qui incombait la douloureuse mission de tourner la page de près de deux décennies de terreur, de tortures, d’assassinats politiques, de détournement, de prévarication. Le pays entier était à l’agonie et il fallait le remettre debout. Ce qu’a accompli la conférence nationale avec panache sous la présidence d’un certain Mgr de Souza.

Mais le regretté prélat n’avait jamais réclamé une quelconque béatification républicaine ni pour lui-même ni pour l’église catholique à cause d’un prétendu rôle à la conférence nationale. Parce qu’il sait bien que le rendez-vous en question n’a pas été organisé par son clergé et qu’il n’était qu’un participant parmi plus de 500 délégués, chacun ayant son mérite et son utilité. Lui savait qu’il aurait pu ne pas être plébiscité par ses paires si Mgr Robert Sastre n’avait pas eu des ennuis de santé au cours de la même période. Ou si le très charismatique pasteur protestant Henry Harry n’avait pas rendu l’âme quelques mois avant l’ouverture des travaux. Laissons aux bondieuseurs le soin de trouver dans toutes ses coïncidences les prémices d’un signe divin. De Souza savait également que n’eut été la perspicacité d’un certain professeur Paulin Hountondji (protestant méthodiste), la conférence n’aurait peut-être pas proclamé sa souveraineté et l’issue des travaux aurait pu tourner autrement que l’aboutissement connu. Ne parlons pas de la pression des communistes présents dans tous les esprits sans être physiquement présents dans la salle.

Ce n’est pas évident que le célèbre prélat ait souhaité qu’on ne retienne de son passage sur terre que le fait d’avoir présidé la conférence nationale. L’œuvre n’était pas parfaite et tous les Béninois voient aujourd’hui là où les insuffisances du rendez-vous du Plm Alédjo ont conduit le pays au bout d’une décennie. Les victimes de torture, les exilés et les spoliés n’ont pas oublié qu’à ces assises avaient été proclamées l’impunité et la promotion de leurs bourreaux. A titre de comparaison, le prélat sud africain Desmond Tutu a procédé autrement en exigeant vérité avant réconciliation. En outre, le président Soglo se souvient certainement de comment la dynamique qu’il avait amorcée pour le Bénin moribond avait été brisée net par le retour au pouvoir d’anciens tortionnaires aidés par des déclarations et des attitudes imputables à l’ancien président du présidium de la conférence nationale. De quoi priver ses héritiers spirituels de tout privilège de béatitude dès qu’ils sortent de leur "ministère spirituel et moral" pour s’occuper de dossiers d’empoisonnement et de coup d’Etat pendants devant la justice.

Toute opinion sur la République demeure donc critiquable y compris celle du clergé hélas !!!

Par Arimi Choubadé
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