La leçon de Sèhouéto à Soglo ???

lundi 2 septembre 2013 par Arimi Choubadé

Le député Lazare Sèhouéto et Jean Cocou Zounon en duo pour rappeler au président-maire Nicéphore Soglo son devoir "historique" de défenseur des acquis de la conférence nationale. Rien à redire lorsqu’un simple citoyen sans mandat et sans passif de gestionnaire comme Cocou Zounon s’en remet à son maire face à la violation de ses droits élémentaires. Cette chronique n’aurait même pas été écrite si le communiste était seul à apposer sa signature au bas de la lettre ouverte adressée au maire de Cotonou suite aux interdictions des marches par le préfet de l’Atlantique-Littoral. Par contre, l’identité mais également la qualité de son cosignataire se comprennent moins : un député, en l’occurrence Lazare Sèhouéto, appelant un maire à la rébellion vis-à-vis de son autorité de tutelle, le préfet. Et la lettre d’évoquer la "démission" du maire alors que, lui, membre du parlement, se garde bien de rappeler ce qu’il a pu faire de son pouvoir de contrôle de l’action du gouvernement sur les agissements "illégaux" du représentant nommé par ce dernier (question orale ou écrite au gouvernement, interpellation du chef de l’Etat, proposition de loi etc...)

Très intéressant que Sèhouéto se souvienne enfin du symbolisme du 1er ministre de la transition et de premier président de l’ère du renouveau démocratique. Il s’en serait aperçu plus tôt qu’il n’accepterait pas siéger dans un gouvernement qui a osé faire jeter des gaz lacrymogènes sur ce symbole vivant à la tête d’un mouvement de revendication en 2000 alors qu’il se trouvait encore dans les locaux de son parti à Kouhounou (siège de la Rb à Cotonou). La même loi 97-026 du 15 janvier 1999 donne compétence aux maires en matière de gestion des infrastructures marchandes, pourtant, le gouvernement auquel participait un certain Sèhouéto a refusé de transférer le marché Dantokpa au conseil municipal de Cotonou dirigé par Nicéphore Soglo justement.

Pas que l’ancien ministre serait frappé d’indignité du fait de son passé au sein d’un gouvernement très peu respectueux des libertés démocratiques, mais la décence commande qu’il s’excuse au moins auprès de ses compatriotes du fait de son passif de supporteur de dérives dictatoriales et de prédation des libertés afin de rendre le message plus honnête et plus crédible. Par ailleurs, on ne comprend pas non plus l’exclusivité attribuée au maire à propos du devoir de se révolter et de s’indigner lorsque les libertés publiques et individuelles sont menacées. Aucune disposition légale n’interdit aux signataires de la fameuse lettre ouverte de déférer les textes préfectoraux en question devant des juridictions compétentes à savoir la chambre administrative de la cour suprême voire la Cour constitutionnelle.

Que dire alors du timing de la missive interpellatrice du 27 août 2013 ? Se voir accuser de faire le jeu d’un préfet révisionniste alors que deux jours plus tôt c’est-à-dire le 25 août, en compagnie de son épouse Rosine, face à plus de 10.000 militants entièrement acquis, Nicéphore Soglo disait, urbi et orbi, tout le mal qu’ils pensaient du projet de révision de la constitution sans attendre une position officielle et définitive de son parti sur le sujet. Peut-être devrait-il lancer ses policiers municipaux, à mains nues, à l’assaut de la soldatesque puissamment armée envoyée régulièrement faire le siège de la bourse du travail de Cotonou.

Le prix à payer quand on s’appelle Nicéphore Soglo ???

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1231-la-lecon-de-sehoueto-a-soglo.html

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