Dieu aussi s’en est mêlé…

vendredi 11 octobre 2013 par Arimi Choubadé

On a presque oublié la fièvre épistolaire entre le clergé catholique et le chef de l’Etat. Des pics de divergences entre les deux camps parasités par des répliques et des contre-répliques de quelques mahométans. Beaucoup de Béninois avaient même craint une guerre religieuse. Tout ça à cause du projet de révision de la constitution. Il était d’ailleurs impensable que dans un pays à spiritualité à fleur de peau comme le Bénin, Dieu ne s’invite pas dans ce débat. Les acteurs de la fièvre épistolaire d’aout 2013 n’ont pas fait économie de références bibliques et ou coraniques pour étayer leurs positions respectives. à telle enseigne qu’on pourrait croire que le projet de révision était mue par des considérations divines. Sauf qu’on ne savait pas exactement de quel côté était la providence et à qui avait été révélé la mission céleste de changer la loi fondamentale du Bénin dans ce contexte-ci justement.

Le chef de l’Etat ne s’est pas contenté de se référer à la bible dans ses correspondances avec le clergé. Au cours d’une audience avec des sages et têtes couronnées du zou, il n’a pas manqué de rappeler sa conviction de voir son pays se rapprocher du paradis dès que la réforme constitutionnelle en l’état qu’il a proposé serait effective. A l’opposé, les évêques du Bénin, lui avait déjà rétorqué que le défaut de consensus ne favorisait pas la communion avec Dieu. De quoi répandre un épais doute au sein d’un peuple profondément croyant. En effet, on pensait que partout où le nom de Dieu était évoqué devrait régler l’harmonie et la concorde. Or sur ce sujet justement la polémique a lieu entre des hommes de Dieu, d’un côté le clergé catholique et de l’autre un aspirant pasteur (après le pouvoir) relayé par certains de ses amis de la Communauté islamique du Bénin. Qu’en serait-il des brebis si les bergers ne s’accordent pas sur la piste à suivre afin d’atteindre le pâturage ?

Ces divergences corsent davantage la recherche du consensus selon les puristes. Cela voudrait dire qu’il faudrait intégrer une dimension religieuse dans la quête d’une entente nationale autour du projet. Car, sans aller dans le fond du sujet, les prélats catholiques ont néanmoins apprécié l’opportunité voire le contexte sociopolitique national qui serait marqué par la crise politique mais également le mal vivre et la misère. En clair, avant de parler de révision constitutionnelle, il convient de se pencher, au préalable, sur comment offrir des repas chauds au citoyens, assurer les soins de santé primaire, s’occuper du spleen généralisé dans le monde des affaires. Une sorte de condition sine qua non à toute tentative de révision de la constitution. Une fracture du front spirituel du pays qui appelle une initiative en la matière avant de s’engager dans la réalisation des grandes réformes si chères au pouvoir Yayi.

Ce n’est qu’après ce consensus au niveau religieux qu’il va falloir penser au niveau politique et social. D’abord convaincre la majorité des députés à l’Assemblée nationale au moins aux 3/4, ensuite descendre au sein du peuple à l’occasion du référendum afin de le convaincre de comment son vote pourrait le rapprocher du paradis. Le convaincre grâce à la constitutionnalisation de la Cena, de la Cour des comptes, de l’imprescriptibilité des crimes économiques, les victuailles couteraient moins cher sur tous les marchés du pays et que l’électricité, l’eau courante et l’internet seraient disponibles dans tous les hameaux. Mais pour le moment, au lieu de l’éclairer, la référence à Dieu par des acteurs importants du dialogue national n’a fait que multiplier les doutes, les interrogations, les conjectures et les polémiques.

Et pourtant on a beaucoup prié

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1252-dieu-aussi-s-en-est-mele.html

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