Municipales et référendum, c’est quoi la priorité ?

jeudi 17 octobre 2013 par Arimi Choubadé

Le front révisionniste en légère accalmie ? Les week-end s’enfièvrent de moins en moins, dans les villes, villages et hameaux, par des marches et des meetings de soutien au processus de révision de la constitution. Quand bien même ses partisans professent partout, que sans cela, le Bénin n’aurait aucune chance de prendre rendez-vous avec son développement. Le combat pour le développement (selon les révisionnistes) se trouve donc plongé dans une subite hibernation. Place désormais à la mobilisation générale autour de la correction de la Liste électorale permanente informatisée (Lépi). Les rédacteurs du discours sur l’état de la nation de décembre 2012 avait fait dire au chef de l’Etat que les élections auront lieu à bonne date. 10 mois plus tard, et à un moins du prochain discours devant l’Assemblée nationale, il était temps de se rappeler que la bonne date accuse déjà plusieurs mois de retard.

Officiellement, une hiérarchisation n’est pas encore survenue entre la révision de la constitution, les municipales et la correction du tristement célèbre fichier Lépi. D’ailleurs, on voit mal, la Marina décréter simultanément tous ces trois concepts comme des priorités. Imaginons, un ministre, au cours d’un même meeting, se défendant entre la correction du fichier électoral, la révision de la constitution et l’organisation des élections municipales. Ce n’était déjà pas si facile d’expliquer aux citoyens, en proie à une crise sociale et économique terrible, en quoi la modification de la loi fondamentale leur apporterait le bonheur et la joie. Surtout qu’il a fallu enjoindre à l’argumentaire révisionniste (suite aux judicieuses suggestions du président des présidents d’institutions, Théodore Holo) des réalisations sociales telles que le Ramu, le projet écologique "10 millions d’arbre, 10 millions d’âme", la couverture du territoire en énergie électrique etc... Y ajouter la Lépi et les municipales pourrait embrouiller une opinion dépitée par un discours politique de plus en plus en conflit avec les réalités du terrain.

Il existe pourtant une corrélation entre toutes ces préoccupations. Peut-être que les révisionnistes avaient misé sur une révision directe aux 4/5ème du parlement soit 67 députés. Éventualité mise à mal par le carton rouge des tchoco-tchoco à Djeffa et le refus catégorique de Rosine et Nicéphore Soglo. Le référendum devenait donc la seule alternative possible. Ce qui ramène le toilettage de la Lépi sur le devant de la scène. Sans rompre la quarantaine dans laquelle est plongée le Bénin en matière d’élection, aucun scrutin n’est envisageable sur toute l’étendue du territoire national. Les révisionnistes risquaient de ne pouvoir parvenir à leurs fins même s’ils parvenaient à réunir les 3/4 au parlement (64 députés) en cas de persistance de l’indisponibilité du fichier électoral.

Reste une dernière carte, celle du couplage des municipales et du référendum. Exercice particulièrement à haut risque pour les candidats révisionnistes. L’impopularité ambiante du projet de modification de la loi fondamentale pourrait devenir un redoutable boulet pour eux, lors de la campagne. Sans oublier la complexité de l’arbitrage juridique des opérations de vote. En effet, si pour les municipales la juridiction de recours est la Cour suprême, il faut recourir à la Cour constitutionnelle en ce qui concerne le référendum constitutionnel. Cela suppose des bulletins, des urnes et des décomptes séparés. Dans un contexte où les caisses de l’Etat sont en agonie.

Ce serait donc l’un ou l’autre !!!

Par Arimi Choubadé
Permalien:http://arimi.ilemi.net/1254-municipales-et-referendum-c-est.html

Un message, un commentaire ?

Forum sur abonnement

Pour participer à ce forum, vous devez vous enregistrer au préalable. Merci d’indiquer ci-dessous l’identifiant personnel qui vous a été fourni. Si vous n’êtes pas enregistré, vous devez vous inscrire.

Connexions’inscriremot de passe oublié ?